Agde tourne la page après 25 ans : Aurélien Lopez-Liguori élu maire
Ce vendredi 27 mars 2026, dans la salle Guillemin d'Agde, un changement historique s'est opéré. Aurélien Lopez-Liguori, député de la 7e circonscription jusqu'à quelques heures auparavant, a été officiellement élu maire de la commune héraultaise par le conseil municipal.
Une passation de pouvoir symbolique
Devant un public nombreux, avec une retransmission simultanée au Palais des festivités, Christianne Mothes, doyenne de l'assemblée municipale et ancienne élue aux côtés du maire socialiste Régis Passerieux dans les années 90, a remis l'écharpe tricolore au nouveau premier magistrat. Liliane Surjous a officiellement procédé à cette passation de pouvoir hautement symbolique.
Le vote du conseil municipal a donné 27 voix pour et 8 votes blancs émanant de l'opposition, scellant ainsi l'épilogue d'une élection municipale qui a vu les électeurs agathois tourner définitivement la page sur un quart de siècle de gestion sous l'équipe de Gilles d'Ettore.
Un mandat de réconciliation et d'action
"Ensemble, nous allons tourner une page et en écrire une nouvelle", a déclaré Aurélien Lopez-Liguori, faisant écho à sa large victoire au second tour face à Thierry Nadal (54,87% contre 45,13%). Le nouveau maire, âgé d'une trentaine d'années, a immédiatement fixé le ton de son mandat de sept ans.
"Une autre étape commence, celle de l'action. Nous avons réussi à vous convaincre, il est temps maintenant de vous servir", a-t-il affirmé devant les conseillers municipaux, ajoutant : "Ce mandat que vous nous accordez, nous le recevons avec fierté mais surtout avec un profond sens des responsabilités."
La priorité : réconcilier Agde
Le nouveau maire a identifié un défi majeur : réconcilier la ville d'Agde. "Ces dernières années, des familles, des amis, des collègues se sont déchirés à cause des affaires qu'a connues notre commune. Et beaucoup ont perdu confiance", a-t-il constaté, dans une allusion transparente aux problèmes judiciaires ayant touché l'ancien maire Gilles d'Ettore et sa voyante.
"Notre devoir, c'est d'abord de vous rassembler, de vous faire retrouver confiance en cette mairie et en la politique", a insisté Lopez-Liguori, promettant une politique "de l'intérêt général" qui refuse "les excès et les magouilles".
Un conseil municipal apaisé
Dans une démarche de rassemblement affirmée, le nouveau maire a fixé "l'exigence de proximité" comme principe directeur, y compris au sein du conseil municipal. "Elle doit redevenir un véritable temple de la démocratie", a-t-il déclaré, assurant que "la parole de tous les élus sera toujours respectée, toujours écoutée", qu'ils soient de la majorité ou de l'opposition.
Aurélien Lopez-Liguori a salué "la décision digne" de Thierry Nadal et de M. Frey de se retirer de la vie politique municipale, tout en prévenant : "Nous ne sommes pas de ceux qui huent, conspuent ou lynchent leurs opposants. Nous ne sommes pas de ceux qui sanctionnent ou écartent les agents municipaux parce qu'ils ont des idées politiques différentes."
Deux priorités immédiates
Le nouveau maire a d'ores et déjà fixé deux chantiers prioritaires pour les semaines à venir :
- Le lancement d'un audit complet des finances municipales
- La résolution de la situation de désert médical qui affecte Agde
Aurélien Lopez-Liguori conservera personnellement les délégations relatives aux finances et à la santé, deux sujets qui avaient pesé lourdement durant la campagne électorale. Ces décisions concrètes marquent le début d'un mandat qui s'annonce aussi ambitieux que nécessaire pour cette ville cherchant à se reconstruire après des années tumultueuses.



