LFI refuse la suspension d'Arnault malgré l'enquête sur la mort d'un militant
LFI refuse la suspension d'Arnault malgré l'enquête

LFI maintient son soutien à Raphaël Arnault malgré l'enquête en cours

Le député Raphaël Arnault, fondateur du groupe d'ultragauche La Jeune Garde, ne fera certainement pas l'objet d'une suspension ou d'une exclusion du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale. Cette position ferme a été affirmée jeudi par Manuel Bompard, coordinateur du mouvement, sur les ondes de France Info. Cette déclaration intervient alors que deux assistants parlementaires du député sont actuellement en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur la mort du jeune militant nationaliste Quentin Deranque.

Une défense basée sur les principes de l'État de droit

« Il n'en est pas question. En vertu de quelles règles un employeur devrait être responsable des actes commis par ses salariés ? », a justifié Manuel Bompard avec véhémence. Il a ensuite dénoncé ce qu'il perçoit comme une dérive collective : « Une grande partie de la classe politique et de la classe médiatique a décidé de bazarder tous les principes d'un État de droit ». Cette critique vise directement les nombreux appels, y compris émanant de la gauche, demandant la démission de Raphaël Arnault.

Le député est en effet au cœur des suspicions dans cette affaire judiciaire. Son groupe, La Jeune Garde, est par ailleurs en cours de dissolution pour de précédentes accusations de violences, ajoutant une couche de complexité à cette situation déjà tendue.

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Un soutien nuancé à La Jeune Garde et des attaques internes à gauche

Manuel Bompard a pris soin de réitérer une distinction cruciale. Il exprime son soutien à La Jeune Garde « telle qu'elle s'est constituée, c'est-à-dire sur la base de l'autodéfense populaire ». Cependant, il condamne sans ambages les faits « qui ont été commis et qu'on a vus sur les vidéos, qui sont des faits absolument condamnables ».

Le coordinateur de LFI n'a pas mâché ses mots envers certains de ses homologues politiques. Il a fustigé « la lâcheté » d'un « certain nombre de responsables politiques qui font beaucoup de mal à la gauche ». Cette charge vise en particulier Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste.

LFI accuse Olivier Faure d'avoir mis « sur le même plan des organisations fascistes et antifascistes ». Dans une note de blog, ce dernier avait en effet écrit « qu'aucun parti ne peut accepter le compagnonnage, même lointain, de ce type d'organisation ». Une première version de son texte, qui circulait sur les comptes X des Insoumis, précisait cette pensée en ajoutant : « qu'elle s'appelle La Jeune garde, Génération identitaire ou l'Action française », un rapprochement qui a visiblement été perçu comme une provocation et une trahison par les cadres de La France insoumise.

Cette affaire révèle ainsi des fractures profondes au sein de la gauche française, entre une ligne de fermeté défendue par LFI autour du principe de la présomption d'innocence et de la responsabilité individuelle, et une ligne plus intransigeante portée par d'autres forces politiques exigeant une rupture nette avec des groupes associés à la violence.

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