Un recours électoral finalement abandonné à Lartigue
Philippe Lamothe, le maire sortant de Lartigue, a reconnu sa défaite au premier tour des élections municipales du 15 mars. Dans ce petit village de Gironde, le plus petit en nombre d'habitants du département, la liste menée par Cyril Castets a remporté une victoire confortable avec 60 % des suffrages, soit 27 voix contre 18, avec seulement 2 abstentions. Face à ce résultat, le maire défait s'est incliné, mais a envisagé en début de semaine de déposer un recours pour annuler l'élection.
Des doutes sur la légalité de l'élection
« Sur le plan moral et juridique, je ne peux pas admettre que quelqu'un qui ne peut pas être élu à Lartigue le soit », a déclaré Philippe Lamothe. Il visait Cyril Castets, affirmant que ce dernier n'aurait pas les attaches légales nécessaires avec le village pour être élu. Selon le maire sortant, Castets habiterait à Pessac, dans l'agglomération bordelaise, bien qu'il ait passé une partie de sa jeunesse à Lartigue et que son père y réside.
Contacté, Cyril Castets n'avait pas répondu aux sollicitations au 20 mars. Il avait toutefois assumé en février auprès de Sud Ouest son domicile à Pessac, tout en affirmant passer beaucoup de temps à Lartigue.
Une décision pour préserver l'unité du village
Philippe Lamothe avait jusqu'au vendredi 20 mars en fin de journée pour déposer son recours. Finalement, il a choisi de s'abstenir, permettant ainsi à son adversaire de s'installer normalement dans le fauteuil de maire. « La guerre est finie », a-t-il entériné. « Ce n'est pas normal qu'il soit maire, mais tant pis, je ne veux pas être la cause de fractures dans le village. Je veux faire la paix avec tout le monde ».
Serge Delrieu, le sous-préfet de Langon, a indiqué que « en matière électorale, l'État n'a plus vocation à intervenir après la proclamation des résultats et l'enregistrement des procès-verbaux ».
La fin d'une longue carrière municipale
Philippe Lamothe, qui était au conseil municipal de Lartigue depuis 1989, avait été élu maire trois fois. Sa première élection a eu lieu à la suite du décès de son prédécesseur en cours de mandat, puis pour les deux mandats suivants. Connu comme un trublion du Bazadais, il avait notamment attiré l'attention des médias nationaux en installant un panneau sens interdit sur la route reliant sa commune à Giscos, le village voisin.
Avec cette décision de renoncer au recours, il met fin à sa carrière municipale et ne siégera plus au conseil municipal de Lartigue. Une dernière facétie avortée pour cet édile qui a préféré la paix villageoise à un combat juridique incertain.



