Larcher exclut les LR alliés au RN, mais les digues cèdent sur le terrain
Larcher exclut les LR alliés au RN, digues cèdent

« Aucune alliance avec le RN ou ses proxys » : Larcher durcit le ton face aux défections

Dans un contexte de campagne municipale tendue, le président du Sénat Gérard Larcher a pris une position ferme et sans équivoque. Intervenant rarement dans les médias, il s'est exprimé sur France Inter pour clarifier la ligne des Républicains (LR) face aux tentations d'alliances avec l'extrême droite. « Pour nous, les choses sont claires, aucune alliance avec le RN ou ses proxys », a-t-il martelé, en référence au Rassemblement National, à Reconquête ! d'Éric Zemmour et à l'UDR d'Éric Ciotti.

Il a ajouté que les membres de LR qui choisiraient de soutenir ou de rejoindre des listes de ces formations « n'ont plus leur place » au sein du mouvement. Cette déclaration intervient alors que le Parti socialiste (PS) préparait une conférence de presse pour dénoncer ces rapprochements, obligeant la droite à anticiper et à réaffirmer ses principes.

Sur le terrain, les digues cèdent une à une

Malgré les injonctions de la direction, la réalité locale peint un tableau bien différent. Les exemples de franchissement se multiplient, illustrant une fracture grandissante entre la ligne officielle et les stratégies électorales locales.

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  • À Nîmes, quatre élus LR ont récemment rejoint la liste menée par l'eurodéputé RN Julien Sanchez.
  • À Colmar, le président de la fédération LR du Haut-Rhin s'est rallié à une liste commune RN-UDR.
  • À Béziers, trois cadres LR ont emboîté le pas, bien qu'ils aient été suspendus du parti.
  • À Bourg-en-Bresse dans l'Ain, deux élus LR ayant rejoint Reconquête ! n'ont, pour l'instant, essuyé aucune sanction.

Ces cas, documentés par le PS dans un tableau Excel recensant près de 600 personnalités, révèlent une tendance particulièrement marquée en Occitanie, avec des exemples à Montauban, Fronton, Toulouse ou encore Muret. « Voilà l'hypocrisie d'un parti qui dit matin, midi et soir qu'il n'y aura jamais d'accord avec l'extrême droite mais qui passe tout son temps à construire la fusion de la droite et de l'extrême droite », a lancé Pierre Jouvet, numéro deux du PS.

Bruno Retailleau en silence, la pression monte avant le premier tour

Face à ces défections, le président des Républicains, Bruno Retailleau, garde un silence remarqué. S'il a officiellement interdit de tels rapprochements, il ne sanctionne pas systématiquement les contrevenants. Un cadre LR assure qu'il partage la position de Gérard Larcher, mais la stratégie semble dictée par la prudence électorale.

À quelques jours du premier tour des municipales 2026, la pression est maximale. Des sondages récents indiquent que les électeurs LR sont majoritairement favorables à des alliances avec le RN, Reconquête ! ou l'UDR. Cette donne explique en partie les hésitations de la direction. La tentation d'éviter une défaite à tout prix pousse de nombreux candidats à franchir le Rubicon, surtout que le RN n'a pas fermé la porte à des alliances au cas par cas entre les deux tours.

La figure d'Éric Ciotti, donné vainqueur à Nice, pourrait incarner une recomposition politique majeure. Le soutien récent de François Fillon, toujours membre de LR, à Ciotti a d'ailleurs provoqué des réactions mitigées au sein du parti. Un poids lourd LR a confié, amer : « Franchement, on s'en serait passé. »

L'intervention musclée de Gérard Larcher vise donc un double objectif : répondre aux attaques du PS et décourager les velléités d'alliance de dernière minute. Mais entre les principes affichés et les réalités du terrain, la droite française navigue en eaux troubles, laissant présager des tensions durables au sein de la famille politique.

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