À moins d'un mois du premier tour des élections municipales, prévu le 15 mars, le maire de Fort-de-France, Didier Laguerre, a échappé de justesse à une peine d'inéligibilité qui aurait compromis sa candidature pour un troisième mandat. Dans un jugement rendu jeudi 19 février, le tribunal judiciaire de Paris a pris une décision inattendue en relaxant l'édile de 60 ans ainsi que son premier adjoint, Yvon Pacquit.
Une relaxe in extremis pour le maire sortant
Cette décision judiciaire intervient trois mois après un procès pour recel de détournement de fonds publics au cours duquel les deux élus avaient comparu. Le parquet avait pourtant requis des sanctions contre eux, mais les juges de la 32e chambre correctionnelle ont estimé qu'il n'y avait pas lieu de les condamner. Cette relaxe permet à Didier Laguerre, membre du Parti progressiste martiniquais et classé à gauche, de poursuivre sa campagne électorale sans entrave judiciaire.
Serge Letchimy condamné pour concussion
En revanche, le tribunal a reconnu coupable Serge Letchimy, maire de Fort-de-France entre 2001 et 2010 et actuel président du conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM). L'élu de 73 ans, qui a présidé le Parti progressiste martiniquais jusqu'en 2023, a été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis, 150 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité.
Cette condamnation fait suite à un montage administratif dont il a bénéficié, à sa demande, lors de son départ à la retraite en 2016. À cette époque, Serge Letchimy occupait la fonction d'ingénieur territorial de la ville de Fort-de-France tout en étant député, un cumul qui a soulevé des questions éthiques et juridiques.
Un contexte électoral tendu en Martinique
Cette affaire judiciaire survient dans un contexte politique particulièrement sensible, alors que les élections municipales approchent à grands pas. La relaxe de Didier Laguerre lui permet de maintenir sa candidature, mais elle pourrait également influencer le débat public autour de la transparence et de l'intégrité des élus locaux.
Les électeurs de Fort-de-France devront donc trancher le 15 mars prochain, en tenant compte de ces développements judiciaires récents. La campagne électorale s'annonce d'autant plus animée que ces révélations ajoutent une dimension supplémentaire aux enjeux traditionnels de la vie municipale.



