Julien Argento, nouveau maire de La Valette : « Si les habitants ne viennent pas à moi, j’irai à eux »
Proximité, sécurité, grands projets : entre gestion immédiate et vision à long terme, le nouveau maire, Julien Argento, détaille ses premières semaines à la tête de la ville.
À peine installé dans le fauteuil de maire, Julien Argento n’a pas eu le temps de s’approprier pleinement son bureau du troisième étage de l’hôtel de ville. « Un cadre de travail idéal hérité de mes prédécesseurs et pourtant je n’y passe pas beaucoup de temps », confie-t-il. Le nouveau maire de La Valette revendique déjà une méthode directe : être au plus près des habitants. Un mois après son élection, il dresse les premiers objectifs d’un mandat placé sous le signe de la proximité et de l’action.
Comment avez-vous vécu vos premiers jours à la mairie ?
La première semaine a été particulièrement intense. Avant même la passation officielle, j’ai dû déclencher le plan communal de sauvegarde suite aux énormes rafales de vents à plus de 130 km/h et organiser la transition. Très vite, je suis allé à la rencontre des agents municipaux. C’était essentiel pour moi : une mairie fonctionne bien lorsque ses agents se sentent respectés, accompagnés et soutenus. C’est bénéfique pour eux, mais aussi pour les habitants, qui profitent d’un service public de qualité. Je tiens à le rappeler : je suis le maire de tous les habitants, y compris de ceux qui n’ont pas voté pour moi.
Vous dites que vous passez peu de temps dans votre bureau en privilégiant le terrain. Pourquoi ?
C’est un réflexe d’entrepreneur. Je suis convaincu qu’on est plus efficace au contact direct de la population. Bien sûr, il y a du travail de bureau, mais je privilégie les déplacements dans les quartiers avec les services municipaux. Cela permet de traiter rapidement les problèmes de voirie, propreté, stationnement… Nous organisons des réunions de proximité et, derrière, nous agissons rapidement, puis nous rendons compte aux habitants.
Quelles sont vos premières actions concrètes ?
Il y a deux niveaux : les problématiques de proximité, qui se règlent sur le terrain, et les grands projets, qui demandent une vision à moyen et long terme. En parallèle, nous avons dû travailler sur le budget, dont j’ai hérité de l’ancienne municipalité. Le défi consiste à y intégrer nos priorités. Nous avons déjà acté plusieurs mesures : maintien du taux d’imposition communal, renforcement de la vidéoprotection avec un accès direct pour la police nationale, ce qui permettra une surveillance 24h/24, avec un gain de temps considérable, la création d’un bureau des plaintes à la Coupiane et mise en place d’une navette municipale les jours de marché. Ce sont des promesses de campagne.
Et concernant les grands projets ?
Nous travaillons sur la refonte de l’espace culturel Camus, avec une remise aux normes complète et la création envisagée de nouveaux espaces, dont un dédié au e-sport. Le stationnement est aussi un enjeu majeur dans ce secteur, avec la réhabilitation de parkings existants et la création de nouvelles places. Au total, 280 places seront accessibles dans le quartier. D’autres projets concernent la requalification d’espaces publics et la végétalisation du centre-ville.
Votre groupe (UDR/RN) n’a pas eu de vice-présidence à la Métropole. Quelles sont vos relations ?
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, elles sont bonnes. Les projets avancent, les échanges sont constructifs et la ville est respectée dans ses décisions. Josée Massi, présidente de la Métropole TPM, m’avait fait la promesse de ne pas mettre de côté la ville et ses administrés et je dois reconnaître que, pour l’instant, elle tient parole. Ce partenariat est essentiel pour mener à bien des projets structurants, notamment en matière d’aménagement.
Vous parlez de proximité, alors comment souhaitez-vous maintenir le lien avec les habitants ?
Je veux être un maire présent et à l’écoute. J’ai donc décidé de mettre en place une permanence mensuelle pour recevoir les administrés. Même si je ne peux pas voir tout le monde, je tiens à connaître leurs souhaits. Si je ne peux voir un habitant, l’un de mes élus le recevra en fonction du besoin. En parallèle, je me rends chaque semaine dans un quartier. Si les habitants ne viennent pas à moi, j’irai à eux. C’est une méthode que je veux maintenir pendant tout le mandat.
Qu’avez-vous prévu pour dynamiser la ville ?
J’ai déjà retravaillé la programmation estivale avec de nouveaux événements populaires. Le festival La Kermesse fera escale ici, pour une date exceptionnelle. Sur la place Général-de-Gaulle, nous ferons un grand bal de la Libération. Nous préparons également les fêtes de fin d’année avec l’ambition de proposer un Noël féerique, notamment pour les enfants. Les cent premiers jours sont importants, alors je lance les dossiers par thématique dans le but d’apaiser, rassurer et stabiliser.
Comment travaillez-vous avec votre équipe ? Certaines critiques concernaient leur manque d’expérience...
Ils débutent en politique pour beaucoup, mais ce sont des personnes expérimentées dans leur vie professionnelle. J’ai constitué une équipe d’élus issus en grande majorité de la société civile. Chacun a une délégation claire et travaille en lien avec les services municipaux. Je fixe la ligne, les élus la mettent en œuvre. Cela permet d’être opérationnel.
Quel est votre fil conducteur pour ce mandat ?
L’intérêt général. C’est lui qui doit guider chaque décision, même lorsqu’elle est difficile à prendre. Mon objectif est clair : améliorer le quotidien des habitants tout en préparant l’avenir de la ville avec sérieux. C’est un rythme intense. Mes journées commencent tôt et se terminent tard, mais être maire, c’est un engagement total. Je continue à travailler sur mes sociétés à côté, auxquelles je consacre un après-midi par semaine. Le reste de mon temps est dédié à mon mandat. Malgré les contraintes, c’est une expérience humaine déjà très forte.



