La cour d'appel de Paris a rendu son verdict ce mercredi 8 juillet 2026 dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national (FN), aujourd'hui Rassemblement national (RN). Marine Le Pen a été reconnue coupable de complicité de détournement de fonds publics, mais sa peine d'inéligibilité a été réduite de cinq à trois ans, dont un an ferme. La peine de prison, initialement de quatre ans, a été ramenée à trois ans avec sursis, sans incarcération.
Des faits jugés graves, une réponse judiciaire nuancée
Les juges ont estimé que les faits étaient d'une gravité certaine, portant atteinte à la probité de la vie publique. Cependant, ils ont tenu compte de l'absence d'antécédents judiciaires de Marine Le Pen et de son statut de figure politique majeure. Selon le président de la cour, « les détournements ont été commis sur une période prolongée, avec une organisation systématique ». L'enquête a révélé que 17 assistants parlementaires avaient été fictivement employés par le Parlement européen, causant un préjudice estimé à 4,5 millions d'euros.
Réactions politiques et conséquences électorales
Marine Le Pen a immédiatement annoncé son intention de se pourvoir en cassation. « Je conteste cette décision qui me prive de mes droits civiques », a-t-elle déclaré. De son côté, le RN a dénoncé un « acharnement judiciaire ». Cette condamnation pourrait compromettre sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, si la Cour de cassation confirmait la peine d'inéligibilité. Les observateurs politiques soulignent que cette décision intervient à un moment clé, alors que le RN espère capitaliser sur ses récents succès électoraux.
Les autres prévenus également condamnés
Outre Marine Le Pen, neuf autres personnes ont été condamnées, dont des cadres du parti. Louis Aliot, vice-président du RN, a écopé de deux ans de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende. Le parti lui-même a été condamné à une amende de 2 millions d'euros. Les juges ont souligné que le système de détournement était « organisé et assumé » par la direction du parti. Les parties civiles, dont le Parlement européen, ont salué un verdict « équilibré ».
Un précédent judiciaire pour la classe politique
Cette affaire marque un tournant dans la lutte contre les abus de fonds publics en France. Les experts juridiques notent que la décision d'appel, bien que moins sévère, confirme la jurisprudence en matière de détournement de fonds européens. Selon Me Jean-Baptiste Soufron, avocat spécialisé, « cette condamnation envoie un signal fort aux élus, mais la réduction des peines montre que les tribunaux hésitent à frapper trop durement les personnalités politiques ».



