Ewan Corinaldesi, 20 ans, futur plus jeune maire des Alpes-Maritimes, rencontre ses administrés
Ewan Corinaldesi, 20 ans, futur plus jeune maire des Alpes-Maritimes

Ewan Corinaldesi, 20 ans, futur plus jeune maire des Alpes-Maritimes, rencontre ses administrés

"Je le dis, il va falloir la faire, cette pissaladière !" lance Ewan Corinaldesi, le visage illuminé par un sourire déterminé. À peine vingt ans, cet étudiant en droit s'apprête à devenir le plus jeune maire des Alpes-Maritimes après sa victoire historique aux élections municipales de Roquefort-les-Pins. Sa prise de fonction officielle est prévue samedi 28 mars 2026, mais l'élu-étudiant est déjà pleinement investi auprès de ses administrés.

Une victoire historique de trente-neuf voix

Le séisme électoral a eu lieu dimanche 22 mars 2026, au soir du second tour des municipales. Face au maire sortant Michel Rossi, en place depuis 1983, le jeune candidat s'est imposé de justesse avec seulement trente-neuf voix d'avance, atteignant 50,47 % des suffrages exprimés. Un score serré mais suffisant pour marquer l'histoire locale et détrôner au passage l'autre figure de précocité du département : Florent Rossi, nouveau maire d'Auribeau-sur-Siagne, son aîné de quatre ans.

"Ça va, Monsieur le Maire ?" lui lance, tout sourire, l'un des 2 077 Roquefortois ayant porté à la victoire cet étudiant au parcours déjà remarquable. Impossible pour Ewan Corinaldesi de rester assis une seconde de plus à la boulangerie Chez Honoré. Une fois son fidèle manteau long sur le dos, il se lance à l'assaut du marché du mercredi, déterminé à prouver qu'il est déjà au travail.

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"Il est à fond, ça fait plaisir"

Trois enjambées plus loin, des passants le reconnaissent et l'interpellent spontanément : "Bravo, vous avez du courage. Faites en sorte que vous, comme nous, ayez un bel avenir !" L'accent du Sud, déjà prononcé, chante deux fois plus fort dans la bouche du nouvel élu. Derrière leurs étals, les commerçants fondent devant tant de motivation et d'enthousiasme.

"Il est à fond et semble débordant d'idées, ça fait plaisir", glisse Damien, un Niçois qui fréquente la place du Marché depuis un an. L'homme attend avec impatience la réunion prévue entre les marchands et la prochaine adjointe au commerce, Marie-Virginie Lucas. Ewan Corinaldesi le sait parfaitement : "Je dois rendre à la commune son dynamisme."

Car le temps presse. Même si le village semble être sorti de terre hier – l'ex-premier magistrat ayant refait le cœur de ville de fond en comble – nombre de vitrines restent désespérément vides. L'arrivée d'une médiathèque est, au moins, espérée par les habitants. "Un restaurant, ça serait pas mal aussi pour drainer du monde", poursuit Damien avec espoir.

Des priorités concrètes et locales

"On se voit dès lundi", lance le jeune élu au responsable événementiel qu'il croise sur le marché. Faut-il maintenir les soirées dansantes prévues ? "Les DJ n'ont pas été déprogrammés, je préfère attendre", prévient ce dernier à un Ewan Corinaldesi particulièrement attentif. "Le budget des manifestations est validé, mais attention : l'agenda est vide pour l'instant."

Noté. Notée, aussi, la soirée crêpe de ce jeudi. Et le jeune homme de promettre à qui veut l'entendre : "Je le dis, il va falloir la faire, cette pissaladière ! C'est ma deuxième priorité après celle de remettre en route le four du centre-ville, qui ne tourne jamais." Des engagements concrets qui séduisent les administrés.

"Le labeur ne m'effraie pas"

Mains jointes, dos légèrement voûté, Ewan Corinaldesi adopte déjà la silhouette de l'élu chevronné. Une posture qui efface presque son jeune âge, dont les interrogés ne semblent déjà plus faire cas. "Du moment que la personne est droite dans ses bottes, on se fiche du reste", lâche Marie-Josée, venue de la commune voisine du Rouret. "J'aurais voté pour lui sans hésitation. Du sang neuf, c'est important."

Un avis que partage Alexandre, originaire de Villeneuve-Loubet : "Ewan a des cartes à jouer, son regard neuf va être indispensable à mon avis." Animé de nombreux tics nerveux durant la longue – "mais magique", tient-il à préciser – soirée électorale, le visage d'Ewan Corinaldesi est enfin apaisé. "J'ai hâte que ce soit officiel. Le labeur ne m'effraie pas, au contraire."

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Un élu-étudiant "à temps plein" pour son village

Lorsqu'il n'est pas à Roquefort-les-Pins, Ewan Corinaldesi étudie à la faculté de droit et de science politique de Nice. Fils unique d'une mère avocate en droit public et d'un père plongeur-scaphandrier, le vainqueur des municipales se destine au droit pénal de l'urbanisme. "Je vais devoir un peu lever le pied", admet-il cependant avec réalisme.

Grâce au statut d'"élu-étudiant", le futur édile pourra aménager son emploi du temps universitaire : une seule journée de cours par semaine, pour dédier le reste de son énergie à sa commune. "Je compte sur mes amis et les cours à distance pour réussir", confie celui qui entend bien mettre ses connaissances juridiques au profit de son mandat municipal.

"J'ai tout suivi de loin"

Sous les moulures de la villa Les Passiflores, au sein de la faculté niçoise, Ewan Corinaldesi espère encore susciter la surprise de son élection auprès d'un de ses professeurs préférés : Marc-Antoine Granger. Raté. "Tout le monde a lu dans Le Figaro que vous étiez élu maire !", lui lance-t-on dès l'accueil.

"J'ai tout suivi de loin", glisse le maître de conférences avec une mine impressionnée. "Il ne faut pas oublier qu'il avait remporté le concours d'éloquence l'année dernière. Je suis très fier, mais pas vraiment surpris, finalement." Pourra-t-il assister au premier conseil municipal de son étudiant, comme l'espère de tout cœur ce dernier ? "Peut-être. J'essaierai, même si mon agenda est très serré..."

Ewan Corinaldesi pourra peut-être convaincre d'autres de ses enseignants, dont il brûle de serrer la main. En tout cas, son visage est désormais connu de tous dans les couloirs de la faculté. Dans les escaliers menant aux salles de cours, les "félicitations" et les "bravos" fusent spontanément. Ils émanent de grappes d'étudiants qui, la veille encore, le connaissaient à peine, voire pas du tout.

Le conseil municipal d'installation, prévu samedi 28 mars à 10 h 30, marquera le début officiel de ce mandat historique. Roquefort-les-Pins s'apprête à vivre une nouvelle ère sous la direction de son plus jeune premier magistrat, déterminé à redynamiser sa commune tout en poursuivant ses études de droit.