Audition houleuse à l'Assemblée : Ernotte et Alloncle s'affrontent sur le coût de France Télévisions
Ernotte et Alloncle s'affrontent sur le coût de France Télévisions

Un affrontement musclé sur les chiffres du financement public

La dernière audition de la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, mercredi, a été marquée par un échange particulièrement tendu entre la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, et le rapporteur UDR Charles Alloncle. Leur désaccord porte sur l'interprétation des données financières concernant le coût du groupe pour les finances publiques.

Deux visions diamétralement opposées

Delphine Ernotte a défendu la gestion de France Télévisions en affirmant que l'entreprise « coûte 600 millions d'euros de moins par an qu'il y a dix ans » lorsque l'on tient compte de l'inflation. La dirigeante a insisté sur les efforts d'économies réalisés par le groupe au cours de la dernière décennie.

À l'inverse, Charles Alloncle a mis en avant une augmentation significative de la dotation publique accordée à France Télévisions. Selon ses calculs, cette subvention aurait augmenté de 136 millions d'euros entre 2015 et 2024, ce qui contredit directement les affirmations de la présidente.

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Des accusations de manipulation des données

La confrontation a atteint son paroxysme lorsque Delphine Ernotte a vivement réagi aux propos du rapporteur. « Pardon d'être aussi directe, Monsieur le rapporteur, mais ce que vous dites est absolument faux », a-t-elle déclaré avec fermeté devant les membres de la commission.

La présidente de France Télévisions a ensuite dénoncé ce qu'elle qualifie de présentation biaisée des données financières. « Pardon, mais je trouve ce procédé très manipulatoire... Vous mélangez chiffre d'affaires et dotation publique... Vous additionnez deux rapports de la Cour des comptes sans le préciser », a-t-elle ajouté, accusant ainsi le rapporteur de manquer de rigueur dans son analyse.

Un contexte budgétaire sensible

Malgré cet affrontement verbal, l'audition s'est poursuivie sur d'autres sujets relatifs à la gestion de France Télévisions. Il a été rappelé que l'État verse annuellement environ 2,5 milliards d'euros au groupe audiovisuel public. Parallèlement, France Télévisions prévoit de réaliser 150 millions d'euros d'économies supplémentaires d'ici 2026 dans le cadre de son plan de restructuration.

Une commission d'enquête aux travaux mouvementés

Cette audition particulièrement houleuse constitue la 67e séance de cette commission parlementaire dont les travaux, débutés fin novembre, ont été émaillés de plusieurs incidents notables. Au total, 234 intervenants ont été entendus au cours de ces mois d'investigation.

Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, a profité de cette séance pour rappeler les limites du débat public. « Nous, les responsables politiques n'avons pas le droit de jeter en pâture ou de désigner à la vindicte publique nos concitoyens », a-t-il déclaré, appelant ainsi à plus de retenue dans les échanges.

Prochaines étapes décisives

Charles Alloncle dispose désormais d'une quinzaine de jours pour rédiger ses conclusions et formuler d'éventuelles propositions d'évolutions législatives concernant l'audiovisuel public. Les 31 membres de la commission se réuniront le 27 avril prochain pour se prononcer sur la publication du rapport final, qui pourrait avoir des conséquences importantes sur l'avenir de France Télévisions et son financement public.

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