Les Emma et Lucas d'aujourd'hui face à la montée des extrêmes en politique
Emma et Lucas face à la montée des extrêmes politiques

Les Emma et Lucas d'aujourd'hui face à la montée des extrêmes en politique

Dimanche dernier, Emma et Lucas ont peut-être voté pour la première fois de leur vie. Ces prénoms, les plus populaires en 2008, symbolisent une génération née il y a dix-huit ans dans un contexte politique bien différent. À l'époque, les mairies des grandes villes et des villes moyennes étaient majoritairement dirigées par le Parti socialiste et l'UMP. Les candidats du Front national ne recueillaient que 150 000 voix au premier tour, tandis que ceux d'extrême gauche en obtenaient 290 000, sans parvenir à conquérir aucune mairie. Jean-Marie Le Pen était encore à la tête du FN, et le Parti de gauche, futur LFI, n'existait pas encore.

Un paysage politique transformé

Dix-huit ans plus tard, la situation a radicalement changé. Dimanche dernier, Emma et Lucas ont peut-être assisté au basculement de leur mairie sous la coupe des extrêmes. À Nice et à Carcassonne, l'extrême droite a pris le pouvoir, tandis qu'à Saint-Denis et Roubaix, c'est l'extrême gauche qui s'est imposée. Partout en France, les forces extrémistes progressent, s'implantent et gagnent du terrain, fissurant peu à peu la digue républicaine qui protégeait jusqu'alors les institutions.

Dès le premier tour des élections, plus d'une centaine d'accords, qualifiés de honteux, ont été conclus. Ces alliances ont principalement lié le PS et LFI, mais aussi LR et le RN ou Reconquête ! Entre les deux tours, le patron de LR n'a pas été capable d'appeler clairement à voter pour un candidat de centre-droit à Nice face à l'extrême droite. Au second tour, de nombreuses fusions de listes, dites techniques, ont en réalité trahi la mise sous tutelle d'une partie de la gauche et de la droite républicaines par leurs extrêmes respectifs.

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La responsabilité des acteurs politiques

Face à cette montée des extrêmes, chaque acteur politique se trouve confronté à ses responsabilités. Être responsable, c'est d'abord privilégier le sens du collectif et l'intérêt général plutôt que ses intérêts personnels. C'est refuser les facilités, même lorsqu'elles garantissent un mandat. Être responsable, c'est aussi rejeter toute ambiguïté avec les extrêmes. Ne pas qualifier l'extrême droite comme telle, c'est déjà renoncer à ses valeurs, perdre son âme et, à terme, les suffrages des électeurs.

Être responsable, c'est encore faire de la probité une condition sine qua non de l'engagement politique. Enfin, c'est défendre sans relâche les valeurs démocratiques et républicaines. Ces combats valent mieux que tous les mandats, comme l'illustre le choix fait à Paris par Pierre-Yves Bournazel. En se maintenant ou en fusionnant, il avait l'assurance de conserver son mandat, mais il a préféré y renoncer totalement pour rester fidèle à ses principes.

Un avenir incertain pour la jeunesse

L'enfer, c'est avoir 20 ans sous Bardella, comme le souligne Pierre-Yves Bournazel. C'est la perspective qui s'ouvre à Emma et Lucas si l'année à venir ne permet pas de redéfinir le socle d'une politique républicaine. Leur avenir est en jeu si les partis de gauche, du centre et de droite n'ont pas la force de dire non à la tentation du diable et le courage de se réinventer sans se trahir.

Du climat à la défense, en passant par le modèle social et l'éducation, il y a tant à faire et à imaginer pour proposer aux Français un nouveau pacte républicain. La France atteint un point de bascule politique critique. Il est minuit moins cinq. Comme d'autres grandes démocraties avant elle, notre pays pourrait danser en 2027 le tango des extrêmes et se réveiller le lendemain avec la gueule de bois. Refusons ce scénario catastrophique.

Retrouvons l'esprit de conquête et démontrons aux Français que la France peut être plus fière, plus forte et plus fraternelle tout en restant fidèle à ses valeurs fondamentales. L'heure est à l'action pour préserver l'avenir des Emma et Lucas de demain.

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