Draguignan : Philippe Schreck (RN) conteste les résultats des municipales par un recours
La tension politique reste vive à Draguignan, cinq jours après l'annonce des résultats des élections municipales. Philippe Schreck, chef de file de la liste "Draguignan autrement" (UXD) et député Rassemblement national de la 8e circonscription, a officiellement déposé un recours jeudi soir devant le tribunal administratif de Toulon. Ce recours, soutenu par dix membres de sa liste, dénonce des "manœuvres et irrégularités constatées, principalement entre les deux tours" du scrutin, qui selon lui ont faussé l'issue de l'élection, remportée par Richard Strambio avec seulement 206 voix d'avance.
Des accusations graves d'irrégularités électorales
Philippe Schreck évoque une campagne entachée par plusieurs actions qu'il estime illégales. Il pointe notamment l'utilisation présumée "des moyens municipaux à des fins électorales", avec la création sur le site officiel de la ville d'une rubrique "Revue de presse" quelques mois avant l'élection. Selon lui, cette revue était "totalement orientée", ne mentionnant que des articles polémiques ou à charge contre lui, tandis que les comptes-rendus neutres de la campagne en étaient absents. Il souligne que ce site, géré par des employés municipaux, était alimenté même la nuit, qualifiant cela d'"acharnement au travail".
Autre motif de recours : l'utilisation de la revue municipale papier, dont le dernier numéro s'apparentait selon lui à un tract de campagne, présentant un programme sous couvert de bilan. Il dénonce également la diffusion, la nuit précédant le second tour, d'un article "violent et diffamatoire" partagé sur les réseaux sociaux, notamment sur une page Facebook locale comptant 40 000 adhérents, alors que la période de réserve empêchait toute réplique. Philippe Schreck affirme que lui et son équipe sont bloqués sur ces pages, qu'il considère comme politiques.
Des allégations de tractage dans un lieu de culte
Le candidat battu évoque aussi la présence du maire sortant et de son équipe à une fête religieuse musulmane, deux jours avant le second tour. Selon lui, ils ont distribué des tracts dans une salle municipale lors de la célébration de l'Aïd el-Fitr, une action qu'il juge "surprenante" et interdite par la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État. Il dispose d'attestations de fidèles et de photos pour étayer ces allégations.
Philippe Schreck estime que ces manœuvres ont eu une "réelle incidence" sur le résultat, déclarant : "L'élection a été volée aux Dracénois." Il mentionne également des problèmes de procurations et une "chasse à l'électeur" avec des rumeurs sur l'expulsion des habitants de logements sociaux. Pour lui, le score "devrait être inversé" et il souhaite que cela soit "judiciairement acté".
Perspectives politiques et engagement futur
Malgré sa défaite, Philippe Schreck se dit déterminé à représenter les électeurs qui ont voté pour sa liste, avec un groupe de dix personnes au conseil municipal. Il annonce la création d'une association, "Dracénie autrement", coprésidée par Thibaut Thevelin et Florence Philip, pour structurer l'engagement politique, notamment des jeunes. Il prévoit de participer aux commissions des finances, de l'urbanisme et du logement, et ne manquera pas le premier conseil municipal. Concernant l'élection au conseil d'agglomération prévue le 7 avril, il n'écarte pas la possibilité de candidater ou de présenter un membre de sa liste, tout en laissant la décision au nouveau maire de Salernes.
Ce recours s'inscrit dans un contexte plus large de scrutins serrés dans la région, comme à Ramatuelle ou Six-Fours, où des contestations similaires ont émergé. L'affaire de Draguignan illustre les tensions persistantes après des élections municipales disputées, avec des accusations qui pourraient influencer l'avenir politique local.



