Un élu français interdit de territoire américain après ses critiques envers Elon Musk
Le député Renaissance des Côtes-d'Armor, Eric Bothorel, est désormais persona non grata sur le sol américain. L'administration Trump a pris des sanctions contre l'élu breton, confirmant une information révélée par Le Canard enchaîné. Cette décision fait suite aux déclarations critiques du parlementaire concernant les pratiques du réseau social X.
Des propos qui ont déclenché une cascade de réactions
En février 2025, Eric Bothorel avait publiquement dénoncé les dérives et les algorithmes biaisés de la plateforme détenue par Elon Musk. « Il y a plein d'indices qui laissent à penser qu'Elon Musk essaye d'influencer l'opinion et cela peut représenter un danger pour notre pays et notre démocratie », nous confiait-il à l'époque.
Ces déclarations ont eu des conséquences immédiates :
- Ouverture d'une enquête judiciaire en France
- Perquisition des locaux français de X début février
- Convocation d'Elon Musk par la justice française pour le 20 avril
Un voyage parlementaire annulé à la dernière minute
La riposte américaine ne s'est pas fait attendre. Alors qu'Eric Bothorel devait se rendre à Washington la semaine prochaine dans le cadre d'une délégation parlementaire, son nom a été rayé de la liste des invités de la Maison-Blanche. Les autorités américaines lui ont même « fortement déconseillé » de se rendre sur leur territoire.
Le député, spécialiste des questions numériques, avait pourtant obtenu son autorisation Esta après quelques difficultés. « Les emmerdes ont commencé », raconte-t-il au sujet de cette procédure. Craignant d'être refoulé à son arrivée, l'élu macroniste a finalement renoncé à son déplacement.
« C'est dommage », déplore Eric Bothorel, qui estime que ces sanctions « ne sont pas caractéristiques d'une grande démocratie ».
Une liste grandissante de Français sanctionnés
Eric Bothorel n'est pas le premier citoyen français à subir ce type de mesures restrictives de la part des États-Unis. Fin décembre, l'administration américaine avait déjà interdit de séjour cinq ressortissants européens, dont :
- Thierry Breton, ancien commissaire européen, sanctionné pour son combat en faveur de la régulation des géants de la tech
- Nicolas Guillou, juge français à la Cour pénale internationale, visé pour avoir émis un mandat d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou
Ces sanctions successives illustrent les tensions croissantes entre la France et les États-Unis sur plusieurs dossiers sensibles, notamment la régulation du numérique et les questions de souveraineté judiciaire. La situation d'Eric Bothorel soulève également des interrogations sur la liberté d'expression des élus et leur capacité à critiquer des acteurs majeurs de l'industrie technologique sans subir de représailles diplomatiques.



