Le départ surprise de Pierre Camani après onze années à la tête du Département
Le 12 avril 2019 marque un tournant dans la vie politique locale : Pierre Camani, président du Conseil départemental, quitte ses fonctions après onze années de mandat. Cette décision, mûrement réfléchie, avait été envisagée de nombreux mois auparavant, dès juin de l'année précédente. Le secret a été jalousement gardé par un cercle restreint de proches, dont Nicolas Lacombe, Raymond Girardi et Christian Dézalos.
Une annonce précipitée pour des raisons familiales
Il y a huit jours avant la révélation publique, Pierre Camani a informé ses amis de son intention d'accélérer sa démission, invoquant des motifs familiaux. La nouvelle a été dévoilée vendredi matin par le journal Sud Ouest, alors que le président réunissait sa majorité pour officialiser son départ. Cette révélation a pris de court de nombreux acteurs, y compris son cabinet et le directeur général des services du Département, Jacques Anglade.
Cependant, Pierre Camani, qui n'est pas partisan de laisser un vide derrière lui, avait préparé sa succession bien avant cette réunion. Il avait sondé Nicolas Lacombe, maire de Nérac et vice-président du Conseil départemental, pour lui succéder. Mais l'élu, attaché à sa vie familiale et à son équilibre, a décliné l'offre.
La recherche d'un successeur : des hypothèses écartées
D'autres noms ont circulé, comme celui de Christian Dézalos, maire de Boé, considéré comme une pièce essentielle de la majorité départementale grâce à ses compétences financières. Il aurait pu assurer l'intérim jusqu'aux prochaines élections, mais il a préféré encourager Pierre Camani à opter pour un rajeunissement, annonçant qu'il ne se représenterait pas à la mairie de sa commune et souhaitant réduire ses engagements politiques.
Cette piste du rajeunissement a conduit naturellement à Sophie Borderie, qui aurait été surprise par cette proposition, à laquelle elle ne s'attendait pas. Ce choix n'était pas par défaut, car des candidats sérieux s'étaient manifestés, comme Jacques Bilirit, président du groupe de la majorité à l'assemblée départementale. Cependant, Pierre Camani l'a écarté, privilégiant un profil d'avenir.
Les réactions et les défis à venir
Lors de la réunion de groupe vendredi matin, la déception était palpable sur le visage de Jacques Bilirit, qui a dû méditer sur le fait que Sophie Borderie était sa suppléante en 2008. Michel Masset, élu du Confluent et maire de Damazan, nourrissait aussi des ambitions, mais sa candidature n'a pas été retenue.
Sophie Borderie, dont le portefeuille actuel devrait être confié à Christine Gonzato-Roques, devra maintenant prouver que Pierre Camani a fait le bon choix en la propulsant à la tête du Département. Christian Dézalos se félicite de cette décision : "C'est un très bon choix. Sophie Borderie va mettre tout le monde d'accord et on l'aidera pour cela. En la désignant et en passant ainsi le relais, Pierre Camani a donné une grande leçon au monde politique."
Les implications futures pour Sophie Borderie
Bientôt accaparée par ses nouvelles fonctions départementales, Sophie Borderie devra aussi se positionner sur le terrain des municipales. Prendra-t-elle le risque de se lancer dans la campagne à Marmande aux côtés de Joël Hocquelet ? Face au sortant Daniel Benquet, l'affaire apparaît périlleuse, et une défaite pourrait l'affaiblir, d'autant que la loi sur le non-cumul des mandats ne lui serait pas favorable.
Le retrait de Pierre Camani rebat ainsi les cartes à plusieurs niveaux, ouvrant une nouvelle ère pour le Département et ses acteurs politiques.



