Un échange vif anime la fin de campagne à Bordeaux
À l'approche du premier tour des élections municipales, un échange public entre deux figures bordelaises a capté l'attention. Hugues Martin, qui occupa la fonction de maire de Bordeaux par intérim entre 2004 et 2006, a interpellé publiquement l'économiste et candidat se présentant sous l'étiquette « citoyen », Philippe Dessertine.
La mise en garde de l'ancien édile
Dans un courrier, Hugues Martin a pressé Philippe Dessertine de s'engager à ne pas se maintenir au second tour en cas de troisième place à l'issue du scrutin de dimanche. L'ancien maire a affirmé qu'une telle obstination ne vaudrait au candidat que les remerciements des « bobos et des woks », terme qu'il a employé entre guillemets et avec un « sic ».
La réponse mesurée mais ferme de l'économiste
Philippe Dessertine a répondu avec déférence mais fermeté. Il a d'abord exprimé son respect pour Hugues Martin, notamment en rappelant son rôle de collaborateur de deux grandes figures de la ville, Jacques Chaban-Delmas et Alain Juppé, qu'il qualifie de maires « qui resteront dans l'Histoire ».
Cependant, l'économiste a rapidement recentré le débat sur des principes fondamentaux. S'adressant indirectement à ce « collaborateur » qui, selon lui, ne serait pas resté dans l'Histoire, Philippe Dessertine a réaffirmé avec force que « le peuple est souverain ».
Il a développé sa pensée : « Il donne mandat à un de ses représentants non pas du fait de son appartenance à un appareil ou à un parti mais sur le fondement de projets présentés lors d'un premier tour de scrutin. »
Une défense des institutions républicaines
Le candidat a ensuite élargi son propos pour critiquer une vision qu'il juge réductrice du processus démocratique. « Il me paraît très grave au regard de nos institutions, de réduire le second tour à un choix de personne, pire encore à une opposition de principe à un candidat », a-t-il déclaré.
Pour Philippe Dessertine, cette approche minimiserait l'importance des projets politiques présentés aux électeurs. Il a conclu son intervention en affirmant attendre le verdict des urnes avec une posture double : « Nous attendons avec humilité et détermination le scrutin du 15 mars prochain. »
Cet échange illustre les tensions et les débats de fond qui traversent la campagne bordelaise à quelques jours d'un premier tour dont l'issue reste incertaine. Il pose également la question du rôle des candidats qualifiés pour le second tour et de la légitimité de leur maintien.



