Nathalie Delattre accepte une place symbolique sur la liste de Thomas Cazenave à Bordeaux
Delattre sur liste Cazenave : une place symbolique à Bordeaux

Nathalie Delattre accepte une place non éligible sur la liste de Thomas Cazenave à Bordeaux

À moins d'un mois du premier tour des élections municipales du 15 mars, les états-majors des candidats bordelais sont en pleine effervescence. Les téléphones portables chauffent, les équilibres politiques sont pesés avec minutie, et les listes électorales se construisent et se défont avant le dépôt définitif en préfecture prévu pour le 26 février.

Un positionnement stratégique pour l'ancienne ministre

À Bordeaux, cette agitation est particulièrement palpable dans le camp de Thomas Cazenave, candidat désigné de la droite et du centre. Après avoir dévoilé une première partie des représentants de la société civile, l'ancien ministre chargé des Comptes publics s'apprête à annoncer le casting complet dans les prochains jours.

Cette annonce coïncide avec le retour public de Nathalie Delattre, qui avait dû s'éloigner brièvement de la campagne pour des raisons de santé. Selon nos informations, la présidente du Parti radical occupera la 64e et avant-dernière place sur la liste de Thomas Cazenave. Une position qui aurait pu être la dernière si elle n'avait été réservée à un homme pour respecter la règle de parité imposée.

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Un épilogue après des tractations mouvementées

Cette décision marque l'aboutissement d'une longue période de négociations parfois mal maîtrisées pour le leadership de la liste de la droite et du centre. Ces tractations, ponctuées de sondages et de calculs politiques, ont finalement abouti à l'union derrière Thomas Cazenave le 18 décembre dernier.

Dans l'entourage de Nathalie Delattre, on qualifie cette position de "place symbolique". Une place qui sera de toute façon non éligible quel que soit le résultat du scrutin du 22 mars, ce qui pourrait signifier son éloignement progressif de la vie politique municipale bordelaise.

La priorité donnée au mandat sénatorial

Une autre logique politique aurait pu voir Nathalie Delattre occuper la deuxième place sur la liste, avec la perspective d'un poste d'adjointe en cas de victoire. Cependant, la loi sur le cumul des mandats de 2014 aurait imposé à la sénatrice de Gironde de démissionner de l'une de ses deux fonctions dans les trente jours suivant l'élection municipale.

L'alternative aurait été de se contenter d'un simple rôle de conseillère municipale sans délégation particulière. Après six années passées dans l'opposition municipale, cette perspective ne semblait guère séduisante aux yeux de l'ancienne ministre.

Nathalie Delattre a donc fait le choix de la clarté : privilégier le combat municipal à venir tout en conservant son mandat de sénatrice, qu'elle a retrouvé le 6 novembre dernier après son départ du gouvernement où elle occupait les fonctions de ministre déléguée chargée du Tourisme. D'autant que son siège sénatorial sera remis en jeu lors des élections de 2026.

Un choix guidé par l'intérêt général

La question s'est même posée de savoir si Nathalie Delattre figurerait finalement sur la liste. Elle a elle-même démenti ces rumeurs auprès du journal Sud Ouest, son entourage assurant qu'il "n'y a pas l'épaisseur d'un papier à cigarette entre Nathalie et Thomas".

Pourtant, selon d'autres sources proches du dossier, "c'était le plan" il y a encore quelques jours. Finalement, Nathalie Delattre aurait choisi de se ranger à l'intérêt général, afin de ne pas compromettre les chances de son camp politique de reprendre la Ville de Bordeaux au maire sortant écologiste Pierre Hurmic.

Un tournant dans la carrière politique bordelaise

Cette décision marque incontestablement un tournant dans la carrière politique de Nathalie Delattre à Bordeaux, où elle est élue depuis le scrutin municipal de 2008 et a notamment exercé les fonctions d'adjointe au maire du quartier maritime.

Par ricochet, cette position non éligible signifie également qu'elle ne siégera plus au sein de Bordeaux Métropole. C'est aussi le départ d'une nouvelle figure historique du juppéisme local, après ceux, plus contraints, de l'entre-deux tours du scrutin de 2020 lorsque les listes de Nicolas Florian et Thomas Cazenave avaient fusionné.

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Une page se tourne donc dans la vie politique bordelaise, avec le repositionnement stratégique d'une personnalité qui préfère désormais concentrer ses efforts sur son mandat national tout en soutenant symboliquement la liste de son camp pour les municipales.