Rachida Dati accuse Bournazel de trahison après sa défaite aux municipales de Paris
Dati accuse Bournazel de trahison après défaite à Paris

Rachida Dati dénonce une "trahison" après sa défaite aux municipales de Paris

La défaite électorale laisse souvent un goût amer, et Rachida Dati en fait l'amère expérience. Quelques jours seulement après avoir échoué au second tour des élections municipales de Paris, devancée par Emmanuel Grégoire, l'ancienne ministre de la Culture s'est longuement exprimée dans les colonnes du Figaro. Elle y analyse les raisons de son revers et pointe du doigt plusieurs responsables, au premier rang desquels Pierre-Yves Bournazel, le candidat Horizons/Renaissance avec qui elle avait pourtant fusionné sa liste pour le second tour.

Une accusation de "trahison" envers Pierre-Yves Bournazel

Les propos de Rachida Dati sont sans équivoque. Elle accuse ouvertement Pierre-Yves Bournazel de "trahison" et de "rupture d'engagement". « M. Bournazel a déclaré le soir même se retirer de la liste commune sur laquelle nous avions travaillé toute la journée. Se désister ensuite, sans prévenir personne, c'est une basse manœuvre, une trahison, une rupture d'engagement », a-t-elle déclaré avec véhémence. Pour l'ancienne ministre, cette décision soudaine a été "mortifère" pour la droite et le centre, contribuant directement à leur division et donc à leur échec.

Elle poursuit en fustigeant l'attitude de son ancien allié : « Ce n'est pas ma manière de faire de la politique. Placer des gens sur une liste et, en contrepartie, ne pas tenir ses engagements, c'est avoir un sens très limité de l'honneur et de ses responsabilités ». Rachida Dati estime que ce retrait inattendu a lourdement pénalisé les candidats de sa liste, leur coûtant potentiellement des voix précieuses.

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Le retrait surprise de Bournazel et des relations exécrables

Rappelons les faits. Après le premier tour, Pierre-Yves Bournazel, dont la liste avait obtenu 11,34% des suffrages, avait annoncé la fusion avec celle de Rachida Dati, créditée de 25,46%. Une alliance logique pour tenter de contrer la gauche. Mais la surprise fut totale lorsqu'il a précisé, peu après, qu'il se retirait et ne figurerait pas en deuxième position sur la liste fusionnée, comme proposé par Mme Dati. Il a justifié sa décision en affirmant avoir « réalisé (son) devoir ».

Personne, ou presque, n'avait été informé de ce revirement. Seule son équipe rapprochée a été mise au courant quelques minutes avant son passage sur le plateau du journal télévisé de France 2. Cet épisode illustre parfaitement les relations notoirement exécrables qu'entretiennent les deux personnalités politiques, rendant toute collaboration sincère et durable quasiment impossible.

Gabriel Attal également dans le collimateur de Dati

Rachida Dati ne s'est pas contentée de régler ses comptes avec Pierre-Yves Bournazel. Elle a également pointé du doigt la responsabilité de Gabriel Attal, le patron de Renaissance. Ce dernier, un temps pressenti comme candidat potentiel à la mairie de Paris, avait choisi de soutenir Bournazel au premier tour, le jugeant moins clivant que Dati.

« Il a acté la division, et en cela, il a accéléré le risque de l'échec. Il n'a jamais souhaité construire une victoire pour Paris », a-t-elle jugé sévèrement. Elle fustige au passage une campagne qu'elle estime n'avoir été « ni propre ni digne ». Malgré sa réélection confortable dès le premier tour dans le VIIe arrondissement, Rachida Dati reconnaît que son échec au niveau de Paris (41,52% face aux 50,52% d'Emmanuel Grégoire) constitue « un moment difficile ».

Analyse de la défaite et démenti

Pour expliquer ce revers, l'ancienne ministre avance l'argument de la sociologie parisienne. « La sociologie parisienne est ce qu'elle est : une ville majoritairement de gauche et nettement coupée entre l'est et l'ouest », a-t-elle déclaré, minimisant quelque peu la victoire de son adversaire en la rapportant au taux d'abstention élevé (38,40%).

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Enfin, Rachida Dati a profité de cet entretien pour démentir fermement les rumeurs concernant sa future nomination à la présidence du château de Versailles, rumeurs relayées par le Canard enchaîné. Un démenti clair qui semble indiquer que l'ancienne ministre compte bien rester active sur le front politique, malgré cette défaite cuisante aux municipales.

Les élections municipales de Paris, qui se sont tenues les 15 et 22 mars 2026, ont donc laissé des traces profondes et des rancœurs tenaces au sein de la droite et du centre. Les accusations de trahison et les règlements de comptes publics laissent présager des relations encore plus tendues pour les futures batailles électorales.