Conseil municipal houleux à Lesparre-Médoc : le RN et le maire s'affrontent sur le budget
Le conseil municipal du 9 avril à Lesparre-Médoc a débuté sous haute tension, marqué par la présence de cinq élus d'opposition du Rassemblement national. Les échanges ont été particulièrement vifs entre le maire divers gauche Bernard Guiraud et les conseillers RN, notamment Didier Bonati, qui a immédiatement mis la pression en filmant la séance, une initiative autorisée par la loi mais qui n'a pas été du goût de l'édile.
Des tensions procédurales et budgétaires
Didier Bonati a également remis en question le mode d'adoption du compte rendu du dernier conseil municipal, démontrant ainsi sa vigilance sur les procédures. L'ordre du jour a ensuite été abordé, avec en premier lieu le débat d'orientations budgétaires (DOB), qui permet de statuer sur les priorités pour l'année à venir avant le vote du budget définitif.
Bernard Guiraud a annoncé que, « en cette période d'élections, le budget prévisionnel représentera un budget de transition ». Le budget d'investissement s'élève à 1 million d'euros, avec 460 000 euros supplémentaires à réaliser. Ces fonds sont destinés à la mise en place de parkings (Ifsi, place du Bar-de-l'Industrie), d'une écluse cours Jean-Jaurès et à la réhabilitation des abattoirs, évaluée à 60 000 euros. La majorité des travaux a été effectuée en régie, et ces locaux auront vocation à abriter les services techniques, car ils sont situés dans une zone inondable.
Un débat fiscal animé
Le maire a rappelé avoir désendetté la commune de 3 millions d'euros en six ans et avoir « augmenté les impôts de seulement 2 % lors du dernier mandat ». Cependant, Jean Bérard, conseiller RN d'opposition, a rétorqué : « Depuis 2014, date de votre second mandat, la ville de Lesparre est la plus fiscalisée de la presqu'île, avec un faible retour sur les concitoyens ». Il a été précisé que les taux des taxes locales n'augmenteront pas en 2026.
Divergences sur la redistribution des compétences
La redistribution des compétences aux communes, prônée par le RN, s'est heurtée à la vision du maire divers gauche. Bernard Guiraud a argumenté : « Si on redonne les charges aux communes, avec une attribution de compensation de 500 000 euros par an, il m'étonnerait fort que je puisse investir dans un centre aquatique, des accueils de centres de loisir, des accueils périscolaires, des crèches, ou la voirie ». Cette divergence illustre les profondes oppositions politiques qui traversent ce conseil municipal, désormais marqué par une opposition RN plus nombreuse et déterminée.



