Un premier conseil municipal sous tension à Libourne
Vendredi 27 mars, le nouveau conseil municipal de Libourne a tenu sa première séance de travail après celle d'installation. L'atmosphère a rapidement quitté le ton protocolaire pour laisser place à des échanges tendus et directs, donnant un aperçu d'une mandature qui pourrait s'avérer bien plus animée que la précédente.
L'opposition marque son entrée
Denis Maugey, seul élu de La France insoumise, a ouvert le bal avec une prise de parole politique appuyée. Il a exprimé sa fierté d'avoir pu déposer une liste à Libourne pour la première fois, remerciant les 545 électeurs qui se sont prononcés pour que la ville s'engage pour la paix. Son intervention a rapidement débordé du strict cadre municipal pour aborder des sujets nationaux comme la guerre, déclarant : « non aux classes défense, non à la stratégie de résilience [...] pas un sou pour l'armée, pas un seul de nos enfants dans des conflits pour les industriels et les marchands de canons ».
Le maire rappelle les règles du jeu
Philippe Buisson, le maire réélu, a immédiatement réagi en coupant court à cette orientation. « Ce n'est pas un meeting », a-t-il prévenu, rappelant que seules les questions relevant de la compétence municipale avaient leur place dans l'enceinte du conseil. Il a ensuite asséné une réplique cinglante concernant les résultats électoraux : « Si nous avons triomphé sans péril, c'est de votre faute. Pas de la mienne. À vous d'être meilleur la prochaine fois. »
L'opposition de droite également visée
Christophe Gigot, élu divers droite, a pris la parole en défendant son programme qu'il a qualifié de « sérieux » et « chiffré », regrettant qu'il ait été « injustement décrié » pendant la campagne. La réponse du maire a été tout aussi directe, mêlant agacement et ironie. Philippe Buisson a évoqué un propos « décousu et très incohérent » et a renvoyé l'opposition à ses propres responsabilités : « Quand on fait le score que vous avez fait, on ferait mieux de faire son autocritique. » Il n'a pas hésité à attaquer frontalement certaines propositions de campagne, citant notamment un projet d'« Olympia de Libourne » qu'il a qualifié de « caricature d'intelligence artificielle ».
Une tentative d'apaisement contrastée
Dans ce contexte particulièrement tendu, l'intervention de Flavie Fournier, élue UDR-RN, a tranché par son ton apaisé. Elle a adressé ses « félicitations » au maire et insisté sur sa volonté de mener un mandat « assidu et travailleur », au service « de la sécurité, de la mobilité et de la redynamisation du centre-ville ». « Nous n'allons pas rouvrir un débat ce soir », a-t-elle glissé, cherchant manifestement à calmer le jeu.
Une dernière pique politique
Philippe Buisson a salué « la tonalité apaisée » de cette prise de parole, tout en décochant une dernière remarque politique. Il a souligné qu'elle « prend le lead » sur son binôme, ajoutant : « Cela montre que vous aviez un candidat qui était uniquement un cache-sexe du Rassemblement national. Mais c'est complètement votre droit, en tout cas, c'est ce qui est révélé ce soir aux Libournais. »
Le ton est donné pour la mandature
Entre passes d'armes, mises au point fermes et tentatives d'apaisement, ce premier échange a clairement donné le ton pour les six années à venir. La nouvelle mandature libournaise s'annonce mouvementée, avec des rapports de force qui semblent déjà bien établis entre une majorité déterminée et une opposition diversifiée mais immédiatement mise sous pression.



