Colère des commissaires après le courrier de Darmanin
Colère des commissaires après le courrier de Darmanin

Le syndicat des commissaires de police a exprimé samedi 8 août sa colère après la divulgation par Le Monde d'un courrier du garde des Sceaux, Gérald Darmanin, adressé au ministère de l'Intérieur. Dans ce document, le ministre de la Justice pointe des défaillances dans le traitement des violences sexuelles sur mineurs, citant notamment Nîmes, Caen, Bourges, Chambéry, Bordeaux ou Grasse. Une révélation qui a provoqué une vive réaction du principal syndicat de policiers.

Une "trahison" dénoncée par le syndicat

Frédéric Lauze, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la Police nationale, a réagi auprès de France Info, évoquant une "trahison" du garde des Sceaux envers les forces de l'ordre. Il a également fait part d'"un sentiment de colère, de révolte, d'injustice partagé par tous les policiers". Selon lui, ce courrier est perçu comme "une insulte, un uppercut par les enquêteurs qui font leur travail".

Le "comble du cynisme" pour les policiers

Le syndicaliste a souligné que pendant près de quatre ans, Gérald Darmanin, alors ministre de l'Intérieur, "s'occupait de la formation, des moyens de la police, de la priorisation d'un certain nombre de dossiers". Aujourd'hui, il "reproche son propre bilan sur douze pages au ministre de l'Intérieur actuel, en se dédouanant de toute responsabilité". Pour Frédéric Lauze, ce courrier est "le comble du cynisme", alors que "les politiques ouvrent grand le parapluie en se dédouanant de toute responsabilité".

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Des failles graves dans le traitement des dossiers

Le courrier de Gérald Darmanin pointe des failles graves, notamment des dossiers perdus et des retards dans le suivi des violences sexuelles sur mineurs. Des exemples concrets sont cités, comme à Nîmes où 1 275 procédures "fantômes" ont été recensées, ou encore à Caen avec des centaines de dossiers en souffrance. Ces révélations interviennent dans un contexte déjà tendu, marqué par l'affaire Lyhanna, qui a conduit à l'écrouement de plus de 900 personnes depuis la revue des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs, soit une hausse de 134 % des procédures.

Un climat de méfiance entre la justice et la police

Cette polémique met en lumière les tensions persistantes entre les ministères de la Justice et de l'Intérieur, ainsi qu'entre les policiers et la hiérarchie politique. Les commissaires de police estiment que ce courrier, rendu public, jette l'opprobre sur leur travail quotidien, alors qu'ils sont en première ligne dans le traitement de ces affaires sensibles. La divulgation de ce document pourrait avoir des répercussions sur la confiance entre les institutions et sur la collaboration future entre les services de police et la justice.

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