Un classement économique qui tombe à pic avant les municipales
À trois semaines exactement du premier tour des élections municipales, le magazine économique Challenges a dévoilé ce lundi 23 février un palmarès très attendu. Cette étude, réalisée par l'institut BDO, classe les présidents des 50 plus grandes agglomérations françaises selon une méthodologie rigoureuse croisant plusieurs indicateurs clés.
Une méthodologie multicritère exigeante
Pour établir ce classement, l'institut BDO a analysé les performances des Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) sous trois angles principaux :
- L'attractivité économique : formation continue, réussite au baccalauréat, variation de la valeur ajoutée, procédures collectives, ainsi que les taux d'emploi et de chômage.
- La qualité de vie des ménages : taux d'équipement en commerces, loisirs, santé et éducation ; part des cadres dans la population active, niveau de délinquance, et prix de l'immobilier rapporté au revenu médian.
- Les engagements écologiques : nombre de bornes de recharge pour véhicules électriques, développement des transports en commun, part des déplacements domicile-travail à pied ou à vélo, émissions polluantes, et taux de recyclage des déchets.
Le podium et les surprises du classement
À l'issue de cette analyse approfondie, c'est François Bayrou, maire de Pau et président de son agglomération depuis 2014, qui décroche la première place. L'ancien ministre devance deux autres figures politiques : Jean-Luc Moudenc, le maire toulousain soutenu par Les Républicains, et Louis Aliot, le maire Rassemblement National de Perpignan.
Plus loin dans le classement, on note la présence d'Éric Piolle, le maire écologiste de Grenoble, qui se hisse à une honorable huitième position. En revanche, le bas du tableau réserve quelques surprises avec des maires de grandes métropoles mal classés : Christian Estrosi (Nice) à la 45e place, Benoît Payan (Marseille) à la 46e, et surtout Anne Hidalgo (Paris) qui n'occupe que la 47e position sur 50.
Un palmarès qui ne garantit pas la réélection
Les rédacteurs de Challenges mettent en garde contre toute interprétation hâtive : « Même avec un bilan positif, ou une bonne note dans le palmarès BDO-Challenges, rien ne garantit aux sortants d'être réélus lors du scrutin des 15 et 22 mars », précisent-ils, anticipant d'éventuelles surprises électorales.
Interrogé sur ce classement, François Bayrou a réagi avec une certaine distance : « Je n'étais pas au courant de cette enquête mais c'est positif, donc tant mieux. Mais je n'ai pas besoin d'une enquête de l'institut BDO pour savoir où nous en sommes. » Une déclaration qui souligne que les réalités de terrain peuvent parfois diverger des indicateurs statistiques.
Ce classement intervient à un moment crucial de la campagne municipale, offrant aux électeurs un éclairage supplémentaire sur la gestion des grandes agglomérations françaises. Il met en lumière les disparités de performance entre les territoires, tout en rappelant que la perception des citoyens reste le critère ultime lors du passage aux urnes.



