Éric Ciotti célèbre sa victoire à Nice par un triomphal bain de foule
Au lendemain de son élection à la mairie de Nice avec 48,54 % des voix, Éric Ciotti a offert un spectacle de liesse populaire ce lundi 23 mars. L'ancien poulain de Christian Estrosi, qui obtient 37,20 %, met ainsi fin à dix-huit années de règne de son prédécesseur et désormais rival. Dès les premières heures de la journée, le nouveau maire élu a entamé une déambulation victorieuse dans les rues niçoises, culminant sur l'emblématique Promenade des Anglais.
Une matinée de célébrations et de stratégie
La journée a débuté vers 10 heures dans le Vieux-Nice, où Éric Ciotti a partagé un café près du palais de justice avec sa garde rapprochée. Autour de la table, les futurs adjoints pressentis, dont Bernard Chaix, probable premier adjoint, ainsi qu'une pléiade de colistiers comme Françoise Souliman, Gaëlle Frontoni, ou encore l'avocate Olivia Peraldi, compagne discrète du futur édile.
« Dans moins d'une semaine, les Estrosistes nous auront tous rejoints, et il n'y aura plus qu'eux dans l'opposition », confie un proche de l'équipe Ciotti, ajoutant : « On ne s'attendait pas à un si grand écart, mais bon, Estrosi s'est sabordé tout seul. » La veille, la victoire avait été fêtée jusqu'à minuit au QG de campagne sur le port Lympia, avec socca et champagne, certains prolongeant la soirée au pub irlandais voisin.
Opération séduction sur le cours Saleya et la Promenade
Une fois le café avalé, Éric Ciotti s'est lancé dans une marche triomphale sur le cours Saleya, sous un soleil généreux, entouré de journalistes nationaux. Poignées de mains, bises à tire-larigot et selfies se sont enchaînés au milieu des antiquaires, touristes et Niçois enthousiastes. « Bravo Éric, félicitations », « Enfin le changement » : aucune voix discordante ne s'est fait entendre.
Puis direction la Promenade des Anglais, pour le symbole. Sur le quai des États-Unis, le même scénario s'est reproduit : accolades, photos avec la baie des Anges en arrière-plan, sous un ciel radieux. « Pour l'histoire », souligne-t-on dans l'entourage.
Préparatifs et passation de pouvoir
Interrogé sur la passation avec Christian Estrosi, Éric Ciotti se veut apaisant : « Elle va se passer de façon républicaine, j'ai eu des contacts dès ce matin, je serai un maire qui tendra la main, qui réconciliera. La campagne a été dure, excessive à certains égards, beaucoup de dérapages, de violences. Tout ça est derrière nous, moi je regarde devant. » Christian Estrosi, quant à lui, est resté invisible ce lundi, après un discours d'adieu jugé « très digne » même par des proches du clan Ciotti. Il aurait déjà commencé à vider son bureau à la mairie.
Éric Ciotti précise ses priorités : « Nous préparons la mise en œuvre de l'équipe municipale d'ici vendredi. J'ai commencé à passer des coups de fil à 6 h 30 du matin. L'objectif est d'être opérationnel dès la fin de la semaine pour la ville, et la semaine suivante pour la métropole. » Parmi ses premières mesures : diminuer la taxe foncière pour revenir au taux de 2023.
Discours d'humilité place Garibaldi
La déambulation s'est achevée vers 12 h 30 place Garibaldi, où un coin privatisé a accueilli les colistiers pour un déjeuner « team building » arrosé de prosecco. Éric Ciotti a pris la parole pendant une quinzaine de minutes, micro en main, pour calmer les ardeurs : « Pour l'immense majorité, vous inaugurez une nouvelle fonction. Et cette fonction, je veux insister là-dessus, elle ne donne pas de droits. Ayez toujours à l'esprit servir, donner, et le faire avec humilité. On a vu où le manque d'humilité conduisait. »
Le nouveau conseil municipal doit s'installer ce vendredi et élire officiellement Éric Ciotti au poste de maire, une simple formalité après cette victoire éclatante qui redessine le paysage politique niçois.



