Une victoire suivie d'un appel à l'unité
Au lendemain de sa victoire aux élections municipales de Nice, Éric Ciotti a partagé sa première journée en tant que maire élu avec les habitants. Dans un entretien exclusif accordé à Nice-Matin, le nouvel édile a longuement évoqué la transition qui s'annonce et sa ferme volonté d'apaisement, après une campagne électorale particulièrement âpre et divisée.
Une nuit courte mais un réveil heureux
« La nuit a été courte. J'ai dormi deux heures. C'est un immense bonheur, une grande fierté d'être le maire de ma ville », a confié Éric Ciotti. Le dimanche suivant son élection, il a vécu une journée extraordinaire au contact des Niçois, se rendant notamment sur le cours Saleya où il a constaté une atmosphère de joie palpable. Il a également déjeuné avec l'ensemble de sa liste pour les remercier chaleureusement, tout en rappelant que des devoirs importants les attendaient désormais.
« Il est temps de mettre derrière nous les conflits et d'appliquer mon programme », a-t-il insisté, fixant ainsi le ton de son mandat à venir. Cette volonté de tourner la page des divisions a été un fil conducteur de ses premières déclarations publiques.
Rencontres dans les quartiers et message d'inclusion
Dès sa première journée, le nouveau maire s'est rendu à Las Planas, l'un des premiers quartiers qu'il avait visité au début de sa campagne. Il y a rencontré des habitants pour discuter de leurs difficultés concrètes, évoquant des problèmes de logement, d'ascenseur en panne ou d'accès à l'eau chaude. « J'ai aussi rencontré des gens qui n'ont pas voté pour moi et, je le dis, je serai le maire de tous », a-t-il affirmé, soulignant son désir d'inclusion et de représentation de l'ensemble de la population niçoise.
Préparatifs et premières mesures annoncées
Une transition organisée
Éric Ciotti prépare activement sa prise de fonction officielle, prévue après le conseil municipal de vendredi. Les convocations ont déjà été signées par l'actuel maire, Christian Estrosi. Le nouvel élu a également eu un échange républicain avec Madame Chesnel-Le Roux et des membres de l'équipe de Christian Estrosi en vue de cette séance décisive. Pour la Métropole, la transition est prévue début avril, avec une option retenue pour le 8 avril.
Cette semaine marque sa dernière à l'Assemblée nationale, tandis qu'il travaille simultanément à la constitution de son équipe municipale et à la nomination des adjoints. Ses collaborateurs ont déjà pris contact avec l'actuel directeur général des services pour assurer une transition fluide et efficace. Dimanche matin, il réunira ses soutiens au théâtre de Verdure et assistera samedi à la visite du pape à Monaco.
Des engagements concrets dès avril
Le maire élu a détaillé plusieurs premières mesures qu'il compte mettre en œuvre rapidement :
- Une décision modificative budgétaire dès le mois d'avril pour effacer la hausse de la taxe foncière.
- Le recrutement accéléré de nouveaux policiers municipaux pour renforcer la sécurité dans la ville.
- Le lancement d'audits financiers de la ville de Nice et de la Métropole pour assurer une transparence totale.
- L'engagement de la procédure pour la rénovation thermique des écoles niçoises, une priorité environnementale et éducative.
Dialogue et réconciliation après une campagne tendue
Relations avec les autres élus
À la suite de son élection, le président de la Région, Renaud Muselier, a évoqué la possibilité d'un plan B pour l'organisation des Jeux Olympiques à Nice. Éric Ciotti a précisé avoir eu Renaud Muselier au téléphone, ce dernier lui ayant adressé ses félicitations républicaines. « Je lui ai rappelé que je soutenais l'organisation des JO à Nice », a-t-il indiqué, tout en reconnaissant des divergences techniques, notamment sur l'utilisation de l'Allianz Riviera pour les matchs de hockey. « Je ne veux pas que l'OGC Nice soit pénalisé », a-t-il insisté, promettant de trouver une solution autour de la table.
De manière générale, les deux élus ont convenu de travailler dans l'intérêt des concitoyens en faisant abstraction de leurs différences. Cet échange marquait leur première conversation depuis une altercation survenue au salon des maires des Alpes-Maritimes en 2022.
Absence de contact avec Christian Estrosi
Interrogé sur d'éventuels échanges avec son prédécesseur, Christian Estrosi, Éric Ciotti a répondu par la négative. « Nous avons eu une campagne très dure, elle fait désormais partie du passé », a-t-il déclaré, tout en rendant hommage à l'action de l'ancien maire. « Chaque maire a écrit des pages de la grande histoire de Nice, c'est le cas aussi de Christian Estrosi », a-t-il reconnu, avant d'ajouter : « Mon état d'esprit est désormais de tendre la main à tout le monde. Je souhaite être le maire de la réconciliation, de l'apaisement, le maire de tous. »
Cette volonté affichée de dépasser les clivages et de rassembler la ville après une période électorale tumultueuse semble être la pierre angulaire du début de mandat d'Éric Ciotti, qui entend ainsi marquer une nouvelle ère pour la municipalité niçoise.



