Castelnau-le-Lez : la gauche divisée dès le premier conseil municipal
Le premier conseil municipal de la nouvelle équipe à Castelnau-le-Lez, présidé par le maire Julien Miro, a immédiatement révélé des fractures profondes au sein de l'opposition de gauche. La séance du lundi 13 avril, bien que plus courte que celles de l'ère précédente, a été marquée par des tensions vives entre les deux groupes issus des anciennes listes de gauche.
Un vœu sur les loyers qui divise
Richard Corvaisier, chef du groupe Ici et Ensemble et opposant expérimenté, a présenté un vœu demandant l'inclusion de Castelnau-le-Lez dans le dispositif d'encadrement des loyers. Cette proposition, adressée à la Métropole et à la préfète de l'Hérault, a cependant été rejetée par la majorité municipale.
Le véritable choc est venu de la réaction des autres groupes de gauche. Najate Haïe, cheffe du groupe Réinventer Castelnau, s'est abstenue, tandis que son colistier Sébastien Cristol a voté contre. Cette position contraste fortement avec leur programme électoral, qui mentionnait explicitement l'encadrement des loyers comme une priorité.
Des justifications qui creusent le fossé
Sébastien Cristol, également conseiller départemental de l'Hérault, a justifié ce revirement en invoquant le nouveau contexte municipal. "Le nouveau maire déclare qu'il n'y aura plus de construction du tout. Dans ces conditions, l'encadrement des loyers va décourager les investisseurs à louer", a-t-il expliqué à Midi Libre.
Selon lui, cette mesure serait désormais contreproductive et risquerait de diminuer le parc locatif de la commune. Il a promis une proposition adaptée pour le prochain conseil, mais cette position a suscité l'incompréhension de Richard Corvaisier, qui rappelle que cette mesure figurait dans le programme commun.
Une opposition fragmentée
La campagne municipale a laissé des traces durables entre les deux groupes de gauche. Alors qu'en 2020, le groupe Ensemble pour Castelnau avait maintenu une certaine unité, les relations sont désormais ouvertement conflictuelles entre les trois élus de Richard Corvaisier et les deux élus de Najate Haïe.
Le seul point d'accord entre ces factions divisées a concerné le vote contre la baisse de la taxe foncière, les deux groupes estimant que cette mesure priverait la commune de recettes nécessaires.
Un contexte politique tendu
Cette première séance du conseil municipal de Castelnau-le-Lez illustre les difficultés de l'opposition de gauche à trouver un terrain d'entente après une campagne électorale qui a exacerbé les divisions. La question du logement, particulièrement sensible dans cette commune de la métropole de Montpellier, révèle des approches divergentes qui pourraient compliquer toute action coordonnée contre la majorité municipale.
La situation rappelle que les promesses de campagne ne se traduisent pas toujours en votes cohérents une fois les élections passées, surtout lorsque le contexte politique local évolue rapidement.



