Béziers 2026 : la sécurité au centre des débats municipaux
À l'approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, Midi Libre a organisé un débat public à Béziers, réunissant les cinq candidats en lice. Les échanges, qui se sont tenus au Zinga Zanga ce mercredi 11 février, ont porté sur quatre thèmes principaux : le social et la pauvreté, la sécurité, l'urbanisme, ainsi que le sport et la culture. C'est toutefois la question de la sécurité qui a capté l'attention, animant des discussions parfois vives entre les participants.
Robert Ménard défend son bilan sécuritaire
Le maire sortant Robert Ménard a assumé les moyens conséquents alloués à la police municipale durant ses deux mandats. "Je suis fier que cette ville soit passée de 30 policiers municipaux à 136 policiers qui travaillent 365 jours par an", a-t-il affirmé. Il a insisté sur les progrès réalisés, déclarant : "Quand vous êtes une femme à Béziers, à 10 h du soir, vous êtes en sécurité aujourd'hui, comparé à il y a 15 ans." Parmi les mesures phares, il a cité le couvre-feu pour les mineurs et la création d'une brigade anti-stup, justifiée par l'inaction selon lui de la police nationale sur ce front.
Julien Gabarron (RN) salue mais veut aller plus loin
Le député RN Julien Gabarron a reconnu des aspects positifs dans le bilan de Robert Ménard, tout en appelant à renforcer les dispositifs. "Pour la sécurité, j'applaudis votre bilan, il y a eu de bonnes choses de faites", a-t-il concédé. Il propose d'augmenter les effectifs de police municipale, d'étendre la vidéoprotection à tous les quartiers, et de développer la formation. Il souligne également l'importance de relancer l'économie locale pour offrir des emplois aux jeunes et prévenir la délinquance.
Critiques de la brigade anti-stup et alternatives proposées
La brigade anti-stup voulue par Robert Ménard a été vivement critiquée par les autres candidats. Thierry Antoine, représentant le Printemps de Béziers, a estimé que cette unité "fait rigoler les dealers" et plaide pour une meilleure répartition des rôles entre police municipale et nationale. Il prône un système basé sur la prévention, la médiation et la répression.
Thierry Mathieu, candidat sans étiquette, partage ce constat, jugeant la brigade anti-stup peu efficace. Il souhaite une police de proximité avec des brigades par quartier et le recrutement de 20 médiateurs pour une prévention renforcée, tout en responsabilisant davantage les parents.
David Ocard (LFI) va plus loin, estimant que "la police municipale n'aurait pas dû être armée en premier lieu". Pour lui, la sécurité passe par le lien social, une police de proximité, et la présence d'associations offrant des activités aux jeunes pour les éloigner du narcotrafic.
Divergences sur le Centre de rétention administrative
Les candidats se sont aussi opposés sur la création d'un Centre de rétention administrative. Robert Ménard et Julien Gabarron y sont favorables, tandis que Thierry Antoine, Thierry Mathieu et David Ocard s'y opposent, reflétant des visions divergentes sur les questions migratoires et de sécurité publique.
Ce débat, marqué par des invectives et des échanges animés, illustre les clivages profonds qui traversent la campagne municipale à Béziers, avec la sécurité comme enjeu central des discussions.