Municipales 2026 à Béziers : réalisations, polémiques… Quel bilan tirer du deuxième mandat de Robert Ménard ?
Robert Ménard a-t-il tenu ses promesses ? Alors que les élections municipales de mars 2026 approchent, il est temps de dresser un bilan complet de son deuxième mandat à la tête de la ville de Béziers. Réélu dès le premier tour en 2020 avec un programme ambitieux de 112 propositions, le maire sortant a mené plusieurs projets d'envergure, mais son action est également marquée par des zones d'ombre et des critiques persistantes.
Les réalisations phares : rénovation urbaine et sécurité renforcée
Ce deuxième mandat a été caractérisé par d'importants chantiers de rénovation urbaine. La liaison douce entre l'Orb et la cathédrale, promise durant la campagne de 2020, a été inaugurée dès le 1er juillet 2022 après une gestation rapide. Cette réalisation, attractive pour les touristes, s'ajoute à d'autres projets majeurs comme la rénovation des Allées lancée en janvier 2022, la construction de l'école Samuel-Paty à La Devèze et la requalification de l'entrée ouest de la ville, incluant le Faubourg.
En parallèle, Robert Ménard, également président de l'Agglo Béziers Méditerranée depuis 2020, a bénéficié du soutien financier de cette collectivité pour des projets structurants. Le palais des sports, le théâtre des Variétés récemment inauguré et le vaste chantier de la gare en sont des exemples concrets.
Le chantier des halles Biltoki mérite une attention particulière. Mené à un rythme soutenu de février à novembre 2024, il a transformé complètement la structure pour un coût de 16 millions d'euros pour la commune. Cependant, cette modernisation s'est accompagnée de la détresse des anciens commerçants, confrontés à des hausses de loyer considérables et à des choix rapides sur leur avenir dans ce nouveau cadre géré par la société basque Biltoki.
Sur le front de la sécurité, un axe fort du programme de 2020, les engagements ont été largement tenus. La Ville a développé la vidéoprotection avec 538 caméras, recruté des policiers municipaux pour atteindre un effectif de 135 agents, mis en place une brigade municipale anti-stupéfiants et installé un système d'alerte chez les commerçants directement relié au poste de police. Béziers figure ainsi parmi les villes qui investissent le plus en sécurité par habitant. Les chiffres officiels montrent une augmentation des crimes et délits depuis 2020, mais Robert Ménard met en avant une baisse de 33 % de la "délinquance de proximité" depuis 2014.
Les zones d'ombre : social négligé et finances sous tension
Malgré ces avancées, le bilan social du mandat apparaît mitigé. Plusieurs mesures promises en 2020, comme un nouveau gymnase à la Courondelle, davantage de places en crèche, un numéro "SOS difficultés" ou un "chèque sport", n'ont pas été menées à leur terme. Pendant ce temps, la pauvreté et la précarité ont progressé, avec un chiffre de l'Insee révélant que 52 % des enfants vivent sous le seuil de pauvreté à Béziers.
Sur le plan financier, la Ville a maintenu un niveau d'investissement élevé, avec un ratio de solvabilité correct à 4,7 années. Cependant, la dette s'est creusée, passant de 110 millions d'euros en 2014 à 123,2 millions au 31 décembre 2025.
Polémiques et projets inaboutis
L'opposition municipale, incarnée principalement par l'écologiste Thierry Antoine et le communiste Nicolas Cossange, a dénoncé l'absence d'espace d'expression dans le Journal du Biterrois, affirmant que Béziers est "la seule ville en France où l'opposition n'a aucun espace d'expression". Seuls les élus d'opposition de l'Agglo peuvent s'exprimer dans la tribune dédiée de cette publication devenue le bulletin de communication de l'Agglo.
Parmi les projets non concrétisés figure le grand musée dans le palais épiscopal, pourtant évoqué durant la campagne de 2020. Des esquisses d'architectes ont été présentées, mais Robert Ménard a exprimé des doutes sur la capacité future de la Ville à assumer les coûts de fonctionnement.
Un moment marquant du mandat a été le rachat de l'ASBH par la Ville en août 2021 via une Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC), un modèle critiqué par la Chambre régionale des comptes pour sa non-conformité légale et son "déficit structurel". Trois ans plus tard, en novembre 2024, la Ville a cédé le club à des investisseurs sud-africains.
À l'issue de ces six années, le bilan de Robert Ménard à Béziers apparaît donc contrasté, mêlant réalisations concrètes en matière d'urbanisme et de sécurité à des lacunes sociales et des polémiques persistantes, offrant un terrain de débat riche à l'approche des élections municipales de 2026.



