Affaire Epstein : Yaël Braun-Pivet exige une action de la justice française
La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, est revenue mardi 10 février sur les rebondissements français de l'affaire Epstein, suite à la mention du nom de Jack Lang dans les documents dévoilés. « La justice doit être saisie », a-t-elle affirmé sur Europe 1, pour « faire toute la lumière » sur le volet français de cette affaire criminelle.
Une commission d'enquête parlementaire rejetée
« Je pense qu'il faut effectivement, s'il y a des ramifications françaises, faire toute la lumière. Donc la justice, à mon sens, doit être saisie et doit être en capacité d'enquêter sur l'ensemble de ces faits », a déclaré Yaël Braun-Pivet. En revanche, elle s'oppose à la création d'une commission d'enquête parlementaire, telle que demandée par La France insoumise, car elle « entraînerait de la confusion des pouvoirs ».
La France insoumise avait appelé la semaine dernière à une commission transpartisane pour permettre aux victimes de témoigner et enquêter sur d'éventuelles « ingérences » ou « financement » de partis politiques. Antoine Léaument, député LFI, a rétorqué sur X que « une commission d'enquête parlementaire n'est pas incompatible avec le travail nécessaire de la justice », précisant que le régime d'incompatibilité serait étudié. Jean-Luc Mélenchon a également estimé que « l'une n'empêchait pas l'autre ».
Les demandes de l'association Innocence en danger
L'association de protection de l'enfance Innocence en danger a demandé lundi l'ouverture d'une enquête sur les agissements de Jeffrey Epstein en France, estimant qu'il ne s'agissait pas d'une affaire « uniquement américaine ». Elle avait déjà adressé un signalement au procureur de Paris en juillet 2019.
L'association demande également au parquet de communiquer sur les éléments concernant l'ancien agent de mannequins Jean-Luc Brunel. Accusé de viols par plusieurs anciens top models, ce proche d'Epstein avait été mis en examen en 2020 puis en 2021 pour viols sur mineur. Sa mort en février 2022 a clos l'action publique dans ce dossier.
La démission de Jack Lang et les réactions
L'ancien ministre de la Culture Jack Lang a démissionné dimanche de la présidence de l'Institut du Monde arabe après l'ouverture d'une enquête du parquet national financier pour ses liens d'intérêt financier avec Jeffrey Epstein. « C'est assez terrifiant », s'est indignée Yaël Braun-Pivet. « Tout en reconnaissant la qualité de l'engagement et l'œuvre de Jack Lang en tant que ministre, je ne veux plus voir d'hommes et de femmes politiques qui profitent des largesses de personnes privées ».
Elle a ajouté : « C'est inadmissible parce que non seulement c'est condamnable moralement, mais vous devenez peu ou prou les obligés des personnes qui vous entretiennent ». Cette affaire continue de susciter des interrogations sur les implications françaises et la nécessité d'une transparence totale.



