La présidente de l'Assemblée nationale exprime des regrets sur une décision collective
La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a déclaré ce mercredi 25 mars 2026 qu'il était possible de regretter la minute de silence observée par les députés en février dernier après la mort violente du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque. Cette déclaration intervient après les révélations concernant le profil idéologique du jeune homme.
Une décision prise sans connaissance complète du profil
Interrogée sur Sud Radio, Yaël Braun-Pivet a expliqué : « Lorsqu'on regarde le profil de Quentin Deranque, effectivement, si on avait su à ce moment-là qu'il avait ce profil-là, je pense que probablement que la décision n'aurait pas été la même. Et que nous ne l'aurions pas faite ». Elle a ajouté : « Je pense qu'aujourd'hui on peut regretter d'avoir eu cette minute de silence compte tenu du personnage ».
La minute de silence avait été observée le 17 février dans l'hémicycle du Palais Bourbon, cinq jours après l'agression mortelle de Quentin Deranque à Lyon. La présidente a toutefois précisé : « Maintenant, ce que nous ne pouvons pas regretter, c'est la condamnation de la violence en politique ».
Les révélations choquantes de Mediapart
Le 13 mars 2026, Yaël Braun-Pivet s'était déjà dite « choquée » après les révélations du site d'investigation Mediapart concernant les écrits du militant. Selon le média en ligne, Quentin Deranque avait publié de nombreux messages haineux sur la plateforme X via trois comptes anonymes au cours des deux dernières années.
Parmi ces publications figuraient :
- L'apologie du nazisme
- Des attaques contre « les millions d'Arabes et de Noirs présents sur le sol français »
- La qualification de l'ancienne ministre Simone Veil de « salope meurtrière » pour son rôle dans la légalisation de l'avortement
- Des déclarations comme « Moi je soutiens Adolf mais chacun son truc » en juillet 2024
Une décision collective initiée par Éric Ciotti
Yaël Braun-Pivet a rappelé que cette minute de silence résultait d'une décision collective. Elle a expliqué : « Les onze présidents de groupe ont accepté de faire cette minute de silence » après une demande formulée par le président du groupe UDR, Éric Ciotti, allié au Rassemblement national.
Le meurtre de Quentin Deranque à Lyon, survenu en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan, a provoqué un déferlement de critiques contre le mouvement d'ultragauche de la Jeune Garde, fondé par le député LFI Raphaël Arnault. Plusieurs membres de ce mouvement sont actuellement mis en cause par la justice.
Questions sur la représentation parlementaire
Interrogée sur la situation de Raphaël Arnault, la présidente de l'Assemblée a déclaré ne pas avoir « le pouvoir d'empêcher Raphaël Arnaud de revenir siéger dans l'hémicycle ». Elle a toutefois ajouté : « En revanche, je trouve que, à titre personnel, moral, il est difficile de représenter la Nation » dans son cas.
Cette affaire soulève des questions complexes sur les limites de l'hommage parlementaire et la nécessité d'une information complète avant de prendre des décisions symboliques en institution républicaine.



