Conseil municipal de Bègles : tensions politiques sur Euratlantique et la semaine de quatre jours
Bègles : tensions au conseil sur Euratlantique et école à 4 jours

Un conseil municipal de Bègles sous haute tension politique

La première séance du conseil municipal de Bègles sous la nouvelle majorité, ce mardi 21 avril, s'est transformée en véritable champ de bataille politique. Durant près de cinq heures interminables, les échanges entre la nouvelle équipe de Christian Bagate et l'opposition menée par l'ancien maire Clément Rossignol Puech ont été émaillés de digressions, d'attaques piquantes et de salves d'applaudissements du public qui comptaient les points.

Le projet Euratlantique au cœur des premières passes d'armes

Dès la désignation de Christian Bagate comme représentant de la Ville au sein du projet Euratlantique, Clément Rossignol Puech a saisi l'occasion pour interpeller son rival sur ses engagements de campagne. L'ancien maire a rappelé les promesses électorales concernant l'estacade, le retour à la Garonne, la création de parcs, les créations d'emplois et les efforts en matière de logements.

« Vous êtes engagé sur plusieurs scénarios alternatifs. Vous souhaitez un référendum citoyen dans l'année, à l'issue d'une nouvelle concertation. Comment allez-vous faire ? » a lancé Clément Rossignol Puech, avant d'ajouter avec une fausse naïveté : « Vous n'avez peut-être pas encore toutes les réponses, mais étant donné la volonté très forte affichée... »

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Christian Bagate a esquivé la question en évoquant un « problème bien plus important » : le désengagement de l'État qui risque selon lui de compromettre les ambitions du projet. « Nous y travaillons déjà à la Métropole, avec Thomas Cazenave, pour voir comment nous allons faire. Des réunions sont prévues dès ce mercredi », a-t-il précisé.

La polémique sur la semaine scolaire à quatre jours

La fixation des horaires du groupe scolaire Jacques-Prévert a également donné lieu à des échanges tendus. Vincent Boivinet, ancien adjoint à l'éducation, a profité du débat pour interroger le maire sur le passage de cinq à quatre jours d'école, une mesure phare de son programme.

Le communiste a déploré le « flou » qui entoure cette réforme et les inquiétudes qu'elle suscite parmi les familles, les enseignants et le monde associatif. « Il va falloir rapidement donner des gages », a-t-il insisté.

Cécile Béziat Lauray, adjointe à l'éducation, a répondu avec fermeté : « Le programme sera appliqué. La méthodologie et les consultations seront respectées. Vous serez informés en temps et en heure. Nous avons été élus il y a à peine un mois ». Christian Bagate a confirmé qu'aucun changement n'interviendrait avant la rentrée 2027, affirmant vouloir « prendre le temps de bien faire les choses ».

Un climat politique délétère et des querelles annexes

Malgré l'appel de Christian Bagate à des échanges « respectueux, exigeants et constructifs » en ouverture de séance, les deux camps ont eu du mal à maintenir un dialogue apaisé. Plusieurs incidents ont émaillé la séance :

  • Vincent Boivinet a renvoyé Fabrice Delavoye à ses « maladresses » concernant son aïeul, maire sous Vichy
  • Fabrice Delavoye a souligné publiquement ses difficultés à récupérer le matériel informatique prêté à la précédente majorité
  • Christian Bagate a refusé de soumettre au vote une motion de l'opposition contre les fermetures de classes, tout en ajoutant deux délibérations de dernière minute à l'ordre du jour
  • Rémi Joussiaume (LFI) a demandé que la situation de Christophe Dumontier, adjoint aux sports et directeur du Dojo Béglais, soit « examinée rapidement par le déontologue »

Signe des tensions exacerbées, deux élus ont déjà déposé une demande de protection fonctionnelle. Fabrice Delavoye et Clément Rossignol Puech subissent en effet le déchaînement des réseaux sociaux, illustrant la violence du climat politique actuel à Bègles.

Ce premier conseil municipal révèle ainsi les profondes divisions qui traversent la vie politique béglaisse, avec une opposition déterminée à ne pas céder de terrain et une majorité qui peine à imposer son rythme tout en faisant face aux réalités du pouvoir.

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