Bayonne : le maire sortant Jean-René Etchegaray en position de force après le premier tour
Avec un score confortable de 42,11% des voix au premier tour des élections municipales, le maire sortant de Bayonne, Jean-René Etchegaray, se trouve dans une position avantageuse. Il n'a pas besoin de négocier des fusions de listes avec ses concurrents directs, mais concentre plutôt ses efforts sur la mobilisation des abstentionnistes et la séduction d'une partie de l'électorat d'extrême droite.
Une avance significative et des enseignements à tirer
« Je me réjouis d'arriver en tête au premier tour en totalisant plus de 8 000 voix », déclare Jean-René Etchegaray. « C'est 3 000 de plus qu'en 2020 dans un contexte particulier. Ce qui renforce ma satisfaction de dimanche face à quatre listes d'opposition. C'est un scénario plus favorable que je ne l'imaginais ».
Le maire sortant note également que le gain de voix à gauche est moindre, avec une déperdition d'environ 7% de cet électorat en nombre de voix. Cette observation alimente sa stratégie pour le second tour.
L'extrême droite, un phénomène nouveau à Bayonne
Pour la première fois, l'extrême droite se qualifie à Bayonne, franchissant la barre des 10% sans l'appui direct du Rassemblement national. « Oui, cela m'inquiète », reconnaît Etchegaray, tout en distinguant les idéaux des électeurs mécontents.
« Je ne remets pas en cause ce vote, mais je distingue les idéaux et des électeurs qui manifestent un mécontentement lié à la situation que nous vivons, face aux élites nationales plus que locales », explique-t-il. « Le scrutin municipal devrait échapper à cela ».
Le maire sortant met en garde : « Je respecte la position de ces électeurs, mais en continuant de voter pour l'extrême droite, ils feront le jeu de la gauche ».
Les défis de la gauche et la stabilité de la majorité sortante
Face à l'hypothèse d'une fusion des deux listes de gauche, Jean-René Etchegaray reste sceptique. « Cette alliance serait extraordinaire tant il existe entre ces deux listes de fortes inimitiés personnelles et des clivages idéologiques », affirme-t-il.
Il rappelle l'exemple de 2020 : « Je me souviens de la fusion des listes de MM. Etcheto et Bergé. Avant de commencer la séance d'installation du nouveau Conseil municipal, on m'a demandé de prendre acte qu'un deuxième groupe s'était constitué. Quand on n'arrive pas à construire une opposition unie, je ne vois pas comment ils pourraient constituer une majorité unie ».
Concernant sa propre majorité, le maire sortant insiste sur sa diversité et sa solidité : « Si, mais c'est une majorité solide où personne ne vient avec une étiquette. Je suis centriste, membre de Renaissance, et j'ai à mes côtés des gens de droite, du centre, des anciens de la gauche et des abertzale ».
Les réserves de voix et la stratégie pour le second tour
Jean-René Etchegaray identifie clairement ses cibles : « Ce sont les abstentionnistes et les électeurs qui se sont portés sur un vote d'extrême droite ». Il annonce poursuivre sa campagne de terrain cette semaine pour argumenter son programme, « le seul qui est chiffré ».
À l'échelle du Pays basque, le maire sortant observe une certaine stabilité dans les communes, tout en restant concentré sur Bayonne : « Je ne me projette pas du tout dans la Communauté d'agglomération Pays basque. Je consacre toute mon énergie à Bayonne ».
La campagne pour le second tour s'annonce donc intense, avec Jean-René Etchegaray déterminé à capitaliser sur son avance du premier tour tout en élargissant sa base électorale vers les abstentionnistes et une partie des électeurs d'extrême droite.



