Christian Bagate succède à Clément Rossignol Puech comme maire de Bègles après un scrutin serré
Bagate élu maire de Bègles, succède à l'écologiste Rossignol Puech

Un changement de majorité à Bègles après des élections municipales serrées

Le samedi 28 mars, le Conseil municipal de Bègles a connu un moment historique avec l'élection officielle de Christian Bagate comme nouveau maire de la commune. Ce médecin généraliste, figure du monde sportif béglais et candidat de la liste L'Espoir béglais, a succédé à l'écologiste Clément Rossignol Puech au cours d'une séance parfois accrocheuse qui a mêlé émotion, salutations républicaines et discours politiques tranchés.

Une victoire étroite mais significative

Christian Bagate, d'inspiration chabaniste mais se présentant farouchement sans étiquette, avait remporté le second tour des élections municipales avec 51,07% des voix, contre 48,83% pour le maire sortant Clément Rossignol Puech. Cette victoire représente un écart de seulement 238 voix, illustrant la division politique de la ville. L'élection marque un changement de majorité après le mandat de l'écologiste sortant.

Une passation de pouvoir entre émotion et tensions

Ouvrant la séance, Clément Rossignol Puech a évoqué avec sobriété « l'honneur immense » d'avoir été maire de Bègles. Il a appelé la nouvelle majorité à « préserver » les projets en cours et lui a souhaité « de réussir », affirmant que « votre réussite, c'est la réussite de la ville également ». Le maire sortant siège désormais sur les bancs de l'opposition, marquant un changement significatif dans la gouvernance locale.

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Ceint de l'écharpe tricolore, Christian Bagate a prononcé un discours empreint d'émotion, la voix parfois chevrotante. Il a exprimé son « immense gratitude », qualifiant ce moment de « à part dans ma vie d'homme ». Le nouveau maire a rendu hommage à ses prédécesseurs, citant notamment « une pensée profonde pour Madame Simone Rossignol », figure communiste de la ville, ainsi que Bernard Moncla, Noël Mamère et Clément Rossignol Puech lui-même.

Un médecin et rugbyman à la tête de la ville

Médecin généraliste de profession, Christian Bagate n'est pas un homme de discours mais un « rugbyman » revendiqué, ayant été joueur du CAB au début des années 70 puis président du CAB Omnisports durant vingt-sept ans. Il a établi un parallèle entre le sport et la politique : « On n'avance jamais seul, on agit d'abord pour les autres, et s'engager en politique à fond, c'est la même démarche. Rien ne se gagne sans la solidarité, sans la passe décisive, sans l'esprit d'équipe ».

Premières mesures et réactions de l'opposition

Le programme du nouveau maire ne s'est pas fait attendre. L'éclairage nocturne, coupé de 2h30 à 5h30, sera remis en service « progressivement » à compter de cette semaine, répondant à « une attente forte de sécurité dans les quartiers ». Christian Bagate a également adressé un message aux agents municipaux, soulignant qu'« nous aurons besoin de vous, de votre expertise, de votre expérience, de votre dévouement ».

La parole donnée aux groupes du Conseil municipal a révélé les tensions politiques. Pas moins de cinq groupes forment l'opposition contre un seul pour la majorité. Edwige Lucbernet (PS), ex-première adjointe, a « pris acte » de la victoire tout en prévenant : « un résultat serré n'autorise ni l'arrogance ni la mise sous silence du débat démocratique ».

Vincent Boisvinet, ex-adjoint PC, a été plus critique, pointant du doigt le « rassemblement apolitique de façade » qui forme la majorité. Il a dénoncé « l'illusion » entretenue par L'Espoir béglais pendant la campagne, « celle d'une équipe ni de droite ni de gauche ». Le conseiller d'opposition a rappelé que le maire « a régulièrement soutenu des candidats de droite et siégé au sein du groupe de droite à la Métropole », questionnant : « Après les paroles, quels seront les actes ? Car on ne dirige pas une ville dans l'ambiguïté ».

Une réponse ferme de la nouvelle majorité

Fabrice Delavoye, devenu adjoint et directeur de campagne de Christian Bagate, a répliqué sans tarder à ce qu'il a qualifié de « sortie de route » de Vincent Boisvinet. Il a renvoyé l'opposant au « virage républicain » du secrétaire général du PC Maurice Thorez et son appel au « front uni » contre le fascisme lancé en 1935.

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Christian Bagate a quant à lui tenté d'arrondir les angles, reprenant à son compte une formule de l'opposante Marie-Laure Piroth : « Je veux rassurer tout le monde, ne vous inquiétez pas, nous n'enlèverons pas les étoiles, nous continuerons à les faire briller ». Une déclaration visant à apaiser les tensions tout en affirmant sa volonté de poursuivre les projets de la ville.

Le premier conseil municipal de l'ère Bagate a ainsi illustré les défis qui attendent le nouveau maire, devant naviguer entre les attentes de ses électeurs, les critiques d'une opposition diversifiée et la gestion quotidienne d'une ville aux divisions politiques marquées.