Jean-Michel Aulas renonce à la marche pour Quentin Deranque à Lyon, malgré l'autorisation préfectorale
Aulas renonce à la marche pour Deranque à Lyon

Jean-Michel Aulas s'écarte de la marche controversée pour Quentin Deranque à Lyon

Alors que le ministère de l'Intérieur a finalement autorisé le rassemblement, Jean-Michel Aulas, candidat à la mairie de Lyon, a annoncé qu'il ne participerait pas à la marche en hommage à Quentin Deranque. Cet événement, prévu samedi, devrait rassembler entre 2.000 et 3.000 personnes, incluant des militants d'extrême droite, sur un parcours de 1.400 mètres entre la place Jean-Jaurès et le lieu de l'agression mortelle du militant nationaliste de 23 ans.

Un contexte de tension et une décision assumée

« Nous [la liste du Cœur lyonnais] ne participerons pas », a déclaré Jean-Michel Aulas, évoquant un « contexte de tension » et le risque de donner « une signification particulière » à cette marche. Selon son entourage, sa décision a été prise après avoir constaté que la famille du jeune homme ne s'y rendrait pas. Lors de sa conférence de presse, il a affirmé faire confiance à la préfecture pour évaluer la situation, sans préciser s'il « soutenait » ou non la démarche.

Jean-Michel Aulas a présenté son programme vendredi matin, à la veille de la marche pour Quentin Deranque. Face aux craintes que Lyon, capitale de la Résistance, ne devienne « la capitale des Ligues » avec cet événement, il a répondu qu'il voulait que « Lyon soit celle de l'humanisme », rappelant avoir exclu « les extrêmes » de sa démarche politique. Il a aussi souligné être « le seul » parmi les candidats à la mairie à l'avoir fait, sous-entendant une possible alliance de Grégory Doucet avec LFI.

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La polémique du portrait sur le fronton de l'Hôtel de Ville

Dans la foulée, Jean-Michel Aulas est revenu sur une autre initiative controversée : sa proposition d'afficher le portrait de Quentin Deranque sur le fronton de l'Hôtel de Ville. Une demande adressée au maire écologiste, Grégory Doucet, qui l'a jugée « indécente », dans la « ville de Jean Moulin ».

Mais le candidat a assumé. Selon lui, il s'agissait d'un « geste symbolique » pour rendre hommage à la victime. Une raison « évidente » qu'il jugeait la « plus simple » pour que « Grégory Doucet puisse exprimer une position claire avec LFI ». « C'était un moyen pour la mairie de se rattraper d'un certain nombre de gestes qui ont été déplacés », a-t-il poursuivi.

Interrogé sur le profil de Quentin, militant nationaliste, et le risque de division, le candidat du Cœur Lyonnais a balayé : « Toutes les initiatives sont bonnes » lorsqu'il s'agit d'honorer une victime. Il a estimé qu'un tel affichage aurait permis de montrer une « grandeur d'âme » du maire actuel et de « rassembler ». Sans citer de noms, il reproche également à la majorité en place d'avoir déjà mis à l'honneur des personnalités « au passé beaucoup plus critique », laissant entendre un traitement différencié.

Un programme sécuritaire axé sur caméras et dissuasion

Au-delà des symboles, l'ex-patron de l'OL a défendu son programme sécuritaire ce vendredi, assurant que ce thème était « la première priorité ». Sur France Inter, lundi, il avait évoqué que certaines de ses mesures permettraient d'« éviter que d'autres drames » - comme la mort de Quentin Deranque - ne se reproduisent. Quatre jours plus tard, il a maintenu une position nuancée : « On ne peut pas simuler ce qui aurait pu se passer avec d'autres mesures mises en place ». Mais, « plus on prend de mesures dissuasives pour des gens qui ont des intentions agressives, plus on évite un certain nombre de situations à risque », a-t-il insisté.

Son projet prévoit notamment :

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  • Le déploiement de 600 caméras de vidéosurveillance supplémentaires (pour un total de 1.200).
  • Le couplage avec des moyens humains et des outils d'analyse de données (avec de l'IA) pour « anticiper les tensions ».

À ses côtés, Bruno Lartigue, directeur des relations institutionnelles de GL events et présenté comme « expert » pour le projet, a précisé qu'avec ces technologies, « on passe à une logique d'anticipation ». Dans l'affaire de la mort de Quentin Deranque, « l'essentiel des images » disponibles provient de téléphones portables, a-t-il regretté. Avec un système « adapté », et des outils prédictifs, il serait possible, selon lui, d'intervenir « plus rapidement ».

Jean-Michel Aulas, lui, refuse de commenter l'action policière dans ce dossier. « Si les agresseurs avaient vu qu'il y avait une caméra à l'endroit où ils ont frappé Quentin, on peut imaginer qu'ils ne l'auraient pas fait », avance-t-il, tout en reconnaissant qu'ils auraient aussi pu agir ailleurs. Il a appuyé l'efficacité de sa stratégie de dissuasion. « Plus il y a de moyens dissuasifs, plus on réduit le risque d'incidents majeurs », a-t-il conclu.