Le candidat lyonnais dans l'ambiguïté face à un rassemblement controversé
À la veille d'une manifestation internationale de l'extrême droite radicale prévue samedi 20 février à Lyon, Jean-Michel Aulas, candidat à la mairie du centre et de la droite, conserve une position particulièrement floue concernant son interprétation politique de cet événement. Cette marche, organisée dans la capitale historique de la Résistance, a été convoquée par plusieurs groupuscules identitaires, nationalistes et néonazis, provenant de France et d'autres pays européens.
Un hommage qui divise la classe politique
Le favori des sondages pour les élections municipales n'a pas explicitement expliqué les raisons pour lesquelles il ne participerait pas à cet « hommage à Quentin ». Il s'agit d'une commémoration pour un jeune militant nationaliste, Quentin Deranque, mortellement frappé le 12 février par des militants d'ultragauche. Sept individus ont d'ailleurs été mis en examen, jeudi, pour meurtre et complicité dans cette affaire.
L'autorisation de la manifestation a été déposée par Aliette Espieux, militante de la Marche pour la vie, un mouvement catholique opposé à l'avortement, et compagne d'un membre de Lyon populaire, un groupuscule nationaliste aujourd'hui dissous.
Une déclaration alambiquée lors de la présentation de son programme
Jean-Michel Aulas s'est exprimé sur le sujet lors d'une conférence de presse de présentation de son programme municipal, intitulé Cœur lyonnais, tenue à Lyon le vendredi 20 février. Il a déclaré : « Nous ne participerons pas nous-mêmes, parce que nous ne voulons pas apporter, dans un contexte de tension, de signification particulière du fait de ce qui a été exprimé. C'est la préfecture qui prendra la décision. »
Cette formulation, typique du style du candidat, laisse planer un grand flou sur sa position réelle. Elle évite soigneusement de condamner ou de soutenir ouvertement la marche, tout en se défaussant sur les autorités préfectorales pour la gestion de l'événement.
Le contexte est particulièrement sensible, Lyon étant un symbole fort de la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. L'organisation d'un tel rassemblement par des mouvements d'extrême droite dans cette ville résonne comme une provocation pour de nombreux observateurs et acteurs politiques.
Cette prise de position, ou plutôt cette absence de prise de position claire, intervient à un moment crucial de la campagne électorale. Elle pourrait influencer l'opinion des électeurs lyonnais, partagés entre la condamnation de l'extrémisme et les questions de sécurité publique et d'ordre.



