Arcachon : Un conseil municipal marqué par des tensions sur la transparence et l'exemplarité
Ce jeudi 16 avril, le conseil municipal d'Arcachon s'est réuni principalement pour entériner la composition des commissions de la nouvelle mandature. Cependant, les débats ont rapidement pris une tournure plus animée lors de l'adoption du règlement intérieur, où l'élu de l'opposition écologiste, Vital Baude, a déposé plusieurs amendements visant à renforcer la transparence et l'éthique, tous rejetés par le maire Yves Foulon et sa majorité.
La demande de retransmission en direct des séances
Vital Baude a proposé un amendement pour la captation audio ou audiovisuelle des séances du conseil municipal. Il a argumenté que cela permettrait d'inscrire Arcachon dans une démarche de transparence démocratique et de rendre les débats accessibles à tous les citoyens. L'élu a rappelé que des villes voisines comme La Teste-de-Buch et Gujan-Mestras retransmettent déjà leurs conseils municipaux sur les réseaux sociaux depuis longtemps, montrant ainsi l'exemple en matière d'ouverture.
Malgré ces arguments, Yves Foulon, appuyé par le vote de sa majorité, a refusé cette proposition. Il est à noter que, malgré ce refus, le photographe Stéphane Scotto a filmé ce conseil municipal, exerçant un droit ouvert à tous d'enregistrer et de retransmettre les débats, ce qui souligne la possibilité technique et légale d'une telle initiative.
L'appel à l'exemplarité des élus
Un autre amendement déposé par Vital Baude visait à compléter les droits des élus par un rappel à leurs devoirs. Il proposait d'ajouter dans le règlement intérieur la notion d'exemplarité, de dignité, d'impartialité, d'intégrité et de respect, espérant que cela pourrait rassembler les élus autour de valeurs communes.
Le maire Yves Foulon a rétorqué que tout cela était déjà inclus dans la charte des élus, rendant ce rappel inutile. Cette réponse intervient dans un contexte où, le dimanche 15 mars, des incidents ont eu lieu : Yves Foulon a été filmé en train de proférer des agressions verbales et des menaces envers Vital Baude, conduisant à un dépôt de plainte et une enquête pour menace de crime ou délit contre les personnes ou les biens à l'encontre d'un élu public, injure non publique et violences.
L'accès aux actes d'urbanisme et d'autres rejets
Au total, Vital Baude a déposé cinq amendements lors de ce conseil, tous rejetés. L'un d'eux concernait l'accès aux actes administratifs d'urbanisme, demandant qu'ils soient communiqués dans un délai maximum de trois jours ouvrés après une demande. Vital Baude a pointé des retards de communication pouvant aller jusqu'à un mois, qu'il qualifie d'entrave pour les citoyens et les associations souhaitant exercer leur droit à faire des recours.
Face au refus de cette proposition, l'élu a exprimé sa frustration en déclarant : « Je trouve que vous faites preuve de fermeture d'esprit… J'ai du mal à comprendre. » D'autres échanges plus techniques, consacrés à la fongibilité des crédits et au taux change de la dette, se sont soldés de la même manière, sans adoption des propositions de l'opposition.
Les réactions des autres élus de l'opposition
De son côté, la RN Corinne Picard (Vivre Arcachon) a principalement déploré l'absence de changement dans la place donnée à l'expression des minorités, notamment leur exclusion de l'EPIC du port, et le fait qu'on leur demande de valider une trajectoire sans discussion. Le maire a justifié cela en rappelant que les commissions venaient juste d'être votées.
Quant à Clément Fauche (Arcachon Avenir), il a pris la parole pour critiquer la présence d'Yves Foulon au sein du Parc naturel marin du bassin d'Arcachon (PNBA), une instance censée être garante de la bonne qualité des eaux. Il a souligné qu'Yves Foulon, en tant que président du Syndicat intercommunal du bassin d'Arcachon (Siba), a pris la décision de déverser des eaux usées dans la nature, ce qui pose question sur sa légitimité dans ce rôle environnemental.
Ce conseil municipal d'Arcachon a ainsi mis en lumière des divisions profondes sur des enjeux de transparence, d'éthique et de gouvernance, avec l'opposition appelant à plus d'ouverture et le maire maintenant une ligne ferme, suscitant des débats animés et des tensions persistantes.



