Arancou prépare une transition historique après trois décennies de pouvoir
La vie politique du petit village basco-béarnais d'Arancou s'apprête à vivre un tournant majeur. Après trente années consécutives à la tête de la municipalité, le maire Alexandre Bordes, âgé de quatre-vingts ans, a annoncé qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat lors des prochaines élections municipales de 2026. Cette décision ouvre la voie à une compétition inédite depuis l'année 1947, avec la présentation de deux listes distinctes pour succéder à l'édile sortant.
Deux visions pour l'avenir du village
D'un côté, Jérôme Dachary, premier adjoint actuel du maire et âgé de cinquante et un ans, conduit la liste « Bien vivre à Arancou ». De l'autre, Valérie Pouyanné, conseillère municipale de cinquante-cinq ans, mène la formation « Notre village, notre avenir ». Cette dualité résulte de l'absence d'accord entre les élus sortants, créant une situation électorale exceptionnelle dans la commune.
Jérôme Dachary affirme avec conviction : « Notre priorité est d'organiser le village pour bien y vivre ». Son programme électoral s'articule autour d'un objectif central : réduire significativement le décalage entre le nombre croissant d'habitants et l'offre de services du quotidien. L'actuel premier adjoint prône une approche pragmatique, estimant qu'il est préférable de porter un nombre restreint de projets « mais bien choisis », dans le strict respect des capacités financières de la collectivité.
Transparence et dialogue au cœur du projet
La liste « Bien vivre à Arancou » met particulièrement l'accent sur la transparence et le dialogue renforcé avec les habitants. Cette orientation vise notamment à intégrer les nouveaux arrivants, qui selon Dachary, « ont besoin de clarté » concernant les importants chantiers envisagés jusqu'en 2032.
Parmi ces projets structurants figurent la construction d'une salle polyvalente, l'aménagement d'une maison des services et la valorisation du chemin de Compostelle, axe historique du village. Toutes ces initiatives devront concilier modernisation et préservation de l'âme authentique d'Arancou, dont le patrimoine architectural multiple, inspirant du magdalénien au Moyen Âge, constitue un atout majeur.
Une équipe intergénérationnelle et diversifiée
La formation de Jérôme Dachary se compose de cinq femmes et six hommes, âgés de vingt-quatre à soixante ans. Elle se présente comme rassemblant des profils « aux parcours variés et aux compétences complémentaires ». Selon le candidat, la cohésion de cette équipe intergénérationnelle puise sa force dans un attachement collectif profond au village, où des élus expérimentés bénéficient de l'élan apporté par de nouveaux venus issus du monde du travail.
Économie locale et enjeux financiers
Agricole par tradition, Arancou tire une partie substantielle de ses ressources du dynamisme de ses carrières de pierre industrielles. Au-delà de certaines nuisances occasionnelles, cette activité économique génère une cinquantaine d'emplois directs et indirects, tandis que l'exploitant participe activement aux œuvres sociales de la commune.
À quinze jours du scrutin, l'émotion est palpable dans le village. Les électeurs d'Arancou devront choisir entre deux visions distinctes pour l'avenir de leur commune, marquant ainsi la fin d'une ère politique de trois décennies et le début d'un nouveau chapitre pour cette agglomération au riche patrimoine historique.



