Un conseil municipal animé à Antibes entre humour et concessions
Le conseil municipal d'Antibes du 3 avril 2026, initialement consacré aux élections et désignations des représentants aux commissions, a pris une tournure plus politique que prévu grâce aux interventions de l'opposition. Les débats ont porté sur le compte rendu des décisions municipales et surtout sur le périmètre des pouvoirs délégués au maire, Jean Leonetti, en poste depuis 1995.
« Je vous ai volé votre programme » : la réplique humoristique du maire
Michèle Muratore, conseillère du groupe d'opposition Gauche solidaire, écologique et démocratique, a ouvert les hostilités en évoquant une décision de février 2026 concernant l'exercice du droit de préemption pour démolir certains commerces autour de la Porte de France, place Guynemer. La Ville avait acquis ce site historique en 2023 pour 1,4 million d'euros.
« Nous ne pouvons qu'approuver cette décision qui reprend notre proposition de 2023 », a déclaré l'élue d'opposition, faisant référence à sa perception récurrente que le maire s'approprie régulièrement les idées de ses adversaires politiques.
Jean Leonetti a répondu avec un humour caractéristique : « Il y a probablement 66 % de socialistes dans cette ville. Ils ont compris que je vous avais volé votre programme et c'est pour ça qu'ils ont voté pour nous. » Une référence directe à sa réélection triomphale au premier tour des dernières élections municipales avec ce score impressionnant.
Une concession significative sur les pouvoirs du maire
Le débat s'est ensuite intensifié avec l'intervention d'Adrien Nouet, du groupe Réinventons Antibes Juan-les-Pins, effectuant ses premiers pas en tant que conseiller d'opposition. Il a questionné le périmètre de délégation du conseil municipal au maire, spécifiquement concernant l'arrêt et la modification de l'affectation de propriétés communales.
« Concernant l'alinéa sur l'arrêt et la modification de l'affectation de propriétés communales, est-il possible d'en exclure certains services publics, comme les écoles et les services sociaux ? (...) Pour ce type de décisions, je pense qu'il serait intéressant que ce soit d'abord débattu en conseil municipal. »
Contrairement à sa réponse précédente teintée d'ironie, le maire a cette fois fait preuve d'ouverture : « Je suis assez d'accord avec vous (...) J'ai utilisé une seule fois ce droit lors du dernier mandat, quand un propriétaire privé a attaqué une délibération de plage publique à Juan-les-Pins. (...) Si le conseil est d'accord, on enlève les écoles et les services sociaux dans la prise de décision du maire, en l'obligeant à délibérer en conseil municipal. »
Une décision adoptée à l'unanimité
Cette proposition de modification des pouvoirs délégués au maire, limitant son autorité exclusive sur les écoles et services sociaux, a été adoptée à l'unanimité par l'ensemble des membres du conseil municipal. Cette décision marque un rééquilibrage significatif des pouvoirs au sein de l'assemblée municipale antiboise.
Le conseil du 3 avril 2026 aura donc été l'occasion d'un double spectacle politique : d'abord la démonstration du style caractéristique de Jean Leonetti, mêlant assurance électorale et humour piquant face à l'opposition, puis une concession substantielle sur la répartition des pouvoirs au sein de l'exécutif local. Cette séance illustre la dynamique particulière des relations entre majorité et opposition dans cette ville de la Côte d'Azur, où le dialogue institutionnel peut alterner entre piques politiques et compromis constructifs.



