Conseil municipal d'Agen : tensions budgétaires et hausse des indemnités divisent
Agen : tensions au conseil municipal sur le budget et indemnités

Un conseil municipal sous tension à Agen

Ce lundi 20 avril, le deuxième conseil municipal de l'ère Laurent Bruneau a été marqué par des échanges particulièrement vifs. Alors que la présentation du débat d'orientation budgétaire précédait le vote crucial du budget primitif prévu la semaine suivante, la majorité municipale a rapidement mesuré l'intransigeance des oppositions de droite.

Les premières salves de Dominique Stoll

Dominique Stoll, l'adjoint à la sécurité, a ouvert les hostilités depuis son siège. Il a vivement critiqué la défaite du maire Laurent Bruneau face à Olivier Grima pour la présidence de l'Agglomération, une fonction désormais aux mains d'un conseiller municipal de Castelculier. « Par calcul de petite politique, par mesquinerie, vous avez pris le risque de précipiter les services de la Ville et de l'Agglomération dans une opération longue et coûteuse », a-t-il lancé.

L'élu a poursuivi ses accusations en dénonçant une manœuvre purement politicienne visant à installer une présidence et des vice-présidences majoritairement issues de la même famille politique. Concernant l'extrême droite, ses propos ont été sans appel : « Nous n'attendions rien de vous, et nous n'avons pas été déçus. En présentant un 3e candidat, vous avez clairement fait le choix du pire ».

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La refondation de la mutualisation votée

Comme anticipé, la majorité a approuvé la refondation de la mutualisation des services. Dans le cadre actuel, le maire d'Agen se trouve sous la tutelle du président de l'Agglomération pour les recrutements et ne dispose pas d'une autorité directe sur les agents. Laurent Bruneau a néanmoins exprimé sa volonté de trouver un nouvel équilibre, précisant : « Je veux trouver un nouvel équilibre. Si on y parvient, c'est parfait. Ça ne veut pas dire la rupture ». Une commission spécifique sera constituée pour redessiner cette architecture administrative.

Un débat budgétaire houleux

Le nouveau maire a rapidement constaté que, malgré leurs déclarations d'intentions constructives, les groupes de droite – ancienne majorité, RN, UDR et RPR – ne céderaient aucun terrain. Le débat d'orientation budgétaire a été particulièrement éprouvant, avec des flots de questions subis par l'exécutif.

Nicolas Henry a pointé du doigt le manque d'orientation et de réassurance. La nouvelle majorité a exigé un audit complet de la situation financière de la collectivité, remettant en cause la gestion précédente. Les conclusions de cet audit sont attendues pour juin.

Mohamed Fellah a manifesté son mécontentement face aux dépenses supplémentaires et aux recettes en baisse. Il a également critiqué sévèrement la qualité du rapport présenté, évoquant de nombreuses carences. Clémence Brandolin-Robert est allée jusqu'à soupçonner l'utilisation de l'intelligence artificielle dans la conception du document. Des éclaircissements seront apportés par l'exécutif lors du vote du budget primitif prévu le lundi 27 avril.

Le pouvoir d'achat des Agenais au cœur des préoccupations

Dans une ville où le taux de pauvreté atteint 27%, Laurent Bruneau a réaffirmé sa détermination à agir pour le pouvoir d'achat des habitants. Parmi les mesures annoncées :

  • Une cantine scolaire moins chère
  • Un kit scolaire pour les élèves de primaire
  • Deux heures de stationnement gratuit
  • Le renforcement des services publics
  • Une mutuelle municipale
  • Un centre de santé municipal
  • La stabilité fiscale

La hausse controversée des indemnités

Les élus ont également voté la majoration des indemnités du maire, de ses adjoints et des conseillers délégués. L'enveloppe globale augmente de 850 euros, portant le total distribué chaque mois à 28 297 euros.

Cette décision a provoqué des réactions vives. Sébastien Delbosq a exprimé son scepticisme : « On ne veut pas faire de démagogie. Vous avez tout à prouver. Ça me laisse dubitatif », notamment face à l'augmentation de 1 560 euros du traitement de Laurent Bruneau.

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Claires Rives a interrogé : « Votre vision du partage, ce sont des moyens pour le sommet et pas pour la base ? ». En réponse, Pierre Dupont a défendu la mesure en affirmant : « Le maire actuel va coûter moins cher au contribuable que le précédent ». Les oppositions se sont finalement abstenues lors de ce vote symbolique.