Un résultat symbolique malgré la troisième place
Lors du premier tour des élections municipales à Agen, un résultat frappe par son caractère paradoxal. La liste RN-UDR-RPR, classée troisième derrière le rassemblement des forces de gauche et l'union centriste, a franchi la barre symbolique des 30% des suffrages exprimés. Cette performance, bien qu'insuffisante pour la placer en tête, lui confère une légitimité inattendue dans la course à l'hôtel de ville.
Une confiance inversement proportionnelle aux résultats
L'incongruité de ce scrutin réside dans la confiance affichée par les membres de la liste Agen en Action, qui contraste avec leur position au classement. Michael Fargue, numéro trois de cette union d'extrême droite, souligne avec insistance : « On est parti de rien, les mauvaises langues disaient qu'on n'arriverait même pas à faire une liste. Résultat ? On est à 164 voix de Jean Dionis, on fait jeu égal face au maire en place depuis dix-huit ans. »
Le candidat met en avant une dynamique ascendante, persuadé que son mouvement va encore progresser. « Nous placer à plus de 30% nous donne une légitimité qui va faire basculer des LR en notre faveur. D'ailleurs, on reçoit des messages en ce sens depuis ce matin », affirme-t-il, révélant une stratégie de séduction des électeurs de droite traditionnelle.
La chasse aux abstentionnistes et aux voix indécises
Au-delà du ralliement des sympathisants LR, la liste menée par Sébastien Delbosq (RN) cible activement les abstentionnistes. Ces derniers, nombreux selon les estimations, représentent un réservoir de voix potentiel. « On sait que certains ne sont pas allés voter, à cause de cette histoire de sondage sorti dans la presse, qui plaçait Dionis en tête, comme si l'élection était pliée. Là, on remet les compteurs à zéro », explique le chef de file.
Delbosq insiste sur sa volonté de remporter l'adhésion des électeurs « par espoir, et non par colère », s'inspirant des succès des maires RN-UDR réélus dès le premier tour ailleurs en France. Cette approche vise à dépasser le simple rejet pour proposer une alternative crédible aux yeux des Agenais.
Les critiques envers le maire sortant
Les déclarations de Jean Dionis, le maire sortant, ne passent pas inaperçues. Celui-ci tente de ramener les électeurs du RN dans son giron en mettant en avant le thème de la sécurité. Une manœuvre qualifiée d'électoraliste par Nicolas Henri, un autre membre de la liste RN-UDR-RPR. « De l'électoralisme, aucune conviction sur son programme. Jean Dionis tend aussi la main aux écolos alors qu'il mène une politique pro béton », dénonce-t-il.
Sebastien Delbosq conclut avec assurance : « Jean Dionis aurait dû tenir sa promesse de ne pas se représenter. Nous, on va tenir les nôtres ». Le candidat s'affaire déjà à la sortie de nouveaux documents de campagne et à la préparation d'une réunion publique prévue mercredi à 19 heures à l'Indé, déterminé à transformer l'essai au second tour.



