Le 1er mai travaillé ? Une proposition de loi controversée arrive à l'Assemblée
1er mai travaillé : une proposition de loi controversée à l'Assemblée

Une proposition de loi pour travailler le 1er mai arrive à l'Assemblée nationale

Le débat sur le travail le 1er mai refait surface avec une proposition de loi qui arrive en première lecture à l'Assemblée nationale ce vendredi. Cette initiative législative, déposée en avril 2025 par les sénateurs Annick Billon (Vendée) et Hervé Marseille (Hauts-de-Seine), vise à modifier le Code du travail pour autoriser l'activité professionnelle le jour de la Fête du Travail dans certains secteurs spécifiques.

Les origines d'une initiative controversée

L'idée est née suite à des incidents survenus un an plus tôt, lorsque des patrons de boulangeries avaient été sanctionnés par les inspecteurs du travail pour avoir fait travailler leurs employés le 1er mai. Depuis 1948, cette date est officiellement chômée, avec des exceptions limitées aux métiers essentiels comme les forces de l'ordre ou les professionnels de santé.

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, s'est déclaré favorable à cette proposition lors d'une interview sur Europe 1. Il a évoqué un « trou dans la raquette » du Code du travail, soulignant que « les fleuristes et les boulangers sont ouverts le 1er mai » mais que seuls leurs dirigeants sont actuellement autorisés à travailler ce jour-là. « Cette proposition de loi va permettre de régulariser cette situation », a-t-il affirmé.

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Quels secteurs seraient concernés ?

La proposition de loi ne se limite pas aux boulangeries et fleuristes. Elle inclurait également :

  • Les établissements dont l'activité exclusive est la vente de produits alimentaires au détail
  • Les entreprises assurant la fabrication ou la préparation de produits alimentaires destinés à la consommation immédiate
  • Les établissements exerçant, à titre principal, une activité culturelle

Le texte prévoit des garanties importantes pour les salariés : seuls les volontaires ayant donné leur accord par écrit pourraient travailler, et un refus ne pourrait constituer « une faute ou un motif de licenciement ».

L'opposition farouche des syndicats

Malgré ces précautions, les organisations syndicales restent fermement opposées à cette initiative. Le 3 mars, les huit principales organisations syndicales ont appelé les députés à rejeter le texte. Pour elles, cette proposition représente « rien de moins que la remise en cause du 1er mai, seul jour férié obligatoirement chômé et rémunéré, et symbolique pour les travailleurs en France comme à l'international ».

Le parcours législatif de cette proposition a été chaotique depuis son adoption par le Sénat il y a un an. Son examen à l'Assemblée nationale promet d'être houleux, opposant partisans d'une adaptation du droit du travail aux réalités économiques et défenseurs d'un symbole historique du mouvement ouvrier.

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