UniCredit sécurise près de 40% de Commerzbank : la bataille pour le contrôle s'intensifie
UniCredit sécurise près de 40% de Commerzbank

La bataille pour le contrôle de Commerzbank, la deuxième plus grande banque allemande, s'intensifie. La banque italienne UniCredit a annoncé avoir sécurisé près de 40% du capital de son concurrent allemand, une étape majeure dans son offensive de rachat. Cette opération, qui pourrait déboucher sur une OPA, suscite de vives réactions politiques et syndicales en Allemagne.

Une participation stratégique

UniCredit a révélé avoir acquis environ 39,5% des actions de Commerzbank, dont une partie via des instruments financiers dérivés. Cette participation, bien qu'en deçà du seuil de 50% nécessaire pour le contrôle total, donne à la banque italienne une influence considérable sur l'avenir de son homologue allemande. L'opération a été réalisée en plusieurs étapes, combinant achats directs sur le marché et utilisation de produits dérivés pour contourner les obligations de déclaration.

Réactions politiques et syndicales

L'annonce a provoqué une onde de choc en Allemagne. Le gouvernement allemand, par la voix du ministre des Finances, a exprimé sa préoccupation face à une possible prise de contrôle par un acteur étranger. Les syndicats, de leur côté, redoutent des suppressions d'emplois massives et une délocalisation des activités. La chancellerie a indiqué suivre la situation de près, tandis que des voix s'élèvent pour réclamer une protection renforcée des banques allemandes.

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Les enjeux de la consolidation bancaire européenne

Cette opération s'inscrit dans un mouvement plus large de consolidation du secteur bancaire en Europe. Les banques cherchent à gagner en taille et en compétitivité face à la concurrence américaine et chinoise. Cependant, les résistances nationales restent fortes, chaque pays souhaitant préserver ses champions nationaux. UniCredit, dirigée par Andrea Orcel, voit dans Commerzbank une opportunité de créer un géant bancaire transfrontalier capable de rivaliser avec les plus grands.

Les prochaines étapes

UniCredit devra maintenant obtenir l'approbation des autorités de régulation, notamment la Banque centrale européenne (BCE) et le régulateur allemand BaFin. La banque italienne pourrait également devoir lancer une OPA obligatoire si elle franchit le seuil de 30% du capital. Les analystes estiment que l'opération pourrait prendre plusieurs mois, voire années, en raison des obstacles politiques et réglementaires.

En attendant, Commerzbank a réaffirmé son indépendance et sa stratégie actuelle. Le conseil d'administration a mandaté des banques d'affaires pour étudier les options défensives. Les actionnaires, de leur côté, pourraient être tentés par l'offre d'UniCredit, qui valorise Commerzbank à environ 12 milliards d'euros.

Un précédent controversé

Cette tentative de rachat rappelle l'échec de la fusion entre Deutsche Bank et Commerzbank en 2019, qui avait été abandonnée en raison de résistances internes et de craintes pour la stabilité financière. L'offensive d'UniCredit pourrait raviver le débat sur la nécessité de consolider le secteur bancaire allemand, tout en soulevant des questions sur la souveraineté économique.

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