L'UE impose de nouvelles taxes sur les petits colis chinois pour lutter contre la concurrence déloyale
UE : taxes sur petits colis chinois contre concurrence déloyale

L'Union européenne s'attaque au flux massif de petits colis chinois

En 2024, le marché européen a été submergé par 4,6 milliards de petits colis, soit un rythme effréné de plus de 145 unités par seconde. Parmi cette avalanche, 91% provenaient de Chine, créant une situation de concurrence jugée déloyale par les acteurs économiques européens. Face à ce phénomène, les Vingt-Sept et les eurodéputés ont validé jeudi des mesures fiscales ambitieuses.

Deux nouvelles charges pour harmoniser le marché unique

Dès le 1er novembre au plus tard, tous les colis de faible valeur importés dans l'UE seront soumis à des frais de traitement, dont le montant exact reste à déterminer par la Commission européenne. Ces frais s'ajouteront à une taxe de 3 euros par type d'article commandé, qui entrera en vigueur dès juillet pour ces mêmes « petits colis » d'une valeur inférieure à 150 euros.

Ces décisions, annoncées conjointement par le Parlement européen et le Conseil de l'UE, visent explicitement à contrer le déferlement de produits chinois à bas prix, largement achetés sur des plateformes asiatiques comme Shein, Temu ou AliExpress. Les recettes générées serviront notamment à financer un renforcement significatif des contrôles douaniers.

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Un problème de sécurité et de conformité

L'afflux colossal de ces envois pose des problèmes majeurs :

  • L'impossibilité pratique de vérifier systématiquement leur conformité aux normes européennes.
  • La circulation facilitée de produits dangereux ou contrefaits qui échappent aux mailles du filet réglementaire.
  • Une distorsion de concurrence préjudiciable aux producteurs et commerçants locaux.

La France en première ligne et les stratégies de contournement

La France, particulièrement active sur ce dossier, a anticipé ces mesures en instaurant dès le 1er mars des frais de 2 euros sur les petits colis. Cette initiative a cependant conduit certaines plateformes à adopter des stratégies de contournement, en important leurs marchandises destinées au marché français via d'autres pays européens.

Le gouvernement français a annoncé l'extension de ses contrôles pour lutter contre ces pratiques, qui devraient prendre fin avec l'application uniforme des nouvelles règles européennes sur l'ensemble du marché unique.

Des obligations renforcées pour les plateformes

Au-delà des aspects fiscaux, les institutions européennes ont approuvé :

  1. Des obligations renforcées pour les plateformes de vente en ligne.
  2. Des procédures simplifiées pour certains importateurs réguliers.

Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) a salué ces avancées, estimant qu'elles pourraient « aider à renverser la tendance » et rendre plus difficile l'entrée dans l'UE de produits non conformes ou dangereux. Ces mesures représentent une étape cruciale dans la protection du marché intérieur européen face aux défis de la mondialisation numérique.

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