Trump accélère l'érosion de la puissance américaine selon un économiste
Trump accélère l'érosion de la puissance américaine

Le président américain Donald Trump se rend ce mercredi 13 mai à Pékin pour rencontrer son homologue chinois Xi Jinping, après plusieurs reports liés à la guerre en Iran et au blocage du détroit d'Ormuz. Officiellement, la rencontre sera apaisée, bien que les points de contentieux ne manquent pas entre les deux hommes. Pour beaucoup, les gesticulations de Trump sont une piètre tentative de ralentir l'effritement de l'hégémonie américaine et la montée en puissance de la Chine.

Un entretien avec Benjamin Bürbaumer

L'économiste Benjamin Bürbaumer, spécialiste de la mondialisation et de l'économie politique internationale, a exploré les soubassements de cette rivalité dans son ouvrage Chine/États-Unis, le capitalisme contre la mondialisation (La Découverte, 2024). Nous lui avons demandé si les États-Unis étaient finis.

Les enjeux de la rencontre Trump-Xi

Selon Benjamin Bürbaumer, les gros différends ont été ajournés d'un an lors du précédent sommet entre les deux hommes, en octobre dernier en Corée du Sud. Trump a été effrayé par la perspective de ne plus avoir accès aux minerais rares, essentiels pour l'industrie technologique américaine. Cette rencontre intervient dans un contexte où la Chine gagne en popularité sur la scène internationale, tandis que les États-Unis semblent s'enliser dans des conflits coûteux.

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Pour l'économiste, la puissance états-unienne reste forte, mais le recours à la force constitue ici un aveu de faiblesse. Il estime que Trump n'est pas la cause de la rivalité sino-américaine, il n'en est que le symptôme. La montée de la Chine est un processus structurel qui dépasse les simples actions d'un président.

Une hégémonie en déclin ?

L'aventure iranienne marque-t-elle la fin de l'hégémonie américaine ? Pour Benjamin Bürbaumer, il est trop tôt pour le dire. Les États-Unis disposent encore d'une puissance militaire et économique considérable, mais leur soft power s'érode. La Chine, de son côté, gagne en influence grâce à ses investissements massifs dans les infrastructures et les technologies.

Le sommet de Pékin pourrait être l'occasion de trouver un terrain d'entente sur des sujets comme le commerce, le climat ou la sécurité régionale. Cependant, les tensions restent vives, notamment autour de Taïwan et de la mer de Chine méridionale. Les prochains mois seront décisifs pour l'équilibre des forces mondiales.

En conclusion, Benjamin Bürbaumer rappelle que la rivalité sino-américaine n'est pas une simple querelle de personnes, mais le reflet d'une transformation profonde de l'ordre mondial. Trump pourrait accélérer ce processus, mais il ne peut en être tenu pour seul responsable.

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