Au lieu-dit de Molières, sur la commune de Verrières, Gaby, accompagné de Simon Lécuyer, fait vivre un studio d'enregistrement devenu un point de convergence pour les artistes de l'Aveyron… mais pas que. Au milieu des champs et des fermes, quelques accords de guitare se mêlent au gazouillis des oiseaux et au bourdonnement des insectes. Dans la commune de Verrières, au lieu-dit de Molières, le studio éponyme est devenu un véritable théâtre de création, où naissent titres et albums, comme celui de Nipo, chanteur et compositeur rock millavois, venu ce lundi 20 avril travailler sur son projet.
Un musicien expérimenté à la tête du studio
À la tête du Studio Molières, Gaby. Un musicien qui a écumé les scènes et participé à de nombreux enregistrements pendant près de 27 ans, endossant tour à tour les rôles de bassiste, guitariste, chanteur, auteur, compositeur et technicien. « Je suis très rock à la base. J’ai fait plusieurs orchestres de bal, ce qui m’a permis de découvrir plein de styles », raconte-t-il. Acheté il y a six ans, le studio ne devait être à l’origine qu’une simple salle de répétition pour le groupe de rock V, composé de Gaby (chant et basse), Simon Lécuyer (guitare) et Victor Pollet-Villard (chant et batterie). Deux ans plus tard, le lieu se transforme en studio d’enregistrement et de mixage. Aujourd’hui, Gaby et Simon y accompagnent principalement des artistes rock, jazz et de musiques du monde.
Travailler avec du matériel vintage
La particularité du studio Molières, c’est son équipement. De par son expérience, Gaby s’est rendu compte que le matériel ancien offrait une qualité sonore particulière, aussi bien en composition qu’en enregistrement. « Le vintage, c’est plus organique. Même si tout n’est pas à jeter dans le matériel récent, la différence s’entend. C’est subtil pour un novice, mais une oreille avertie la perçoit immédiatement », assure-t-il. Amplis, pédales d’effets, microphones, guitares, batterie… Le studio compte plusieurs dizaines d’équipements, pour une valeur totale d’environ 200 000 euros, dont près de 80 % de matériel vintage. Un atout qui séduit les artistes. « C’est un gage de qualité. Certaines marques peuvent aussi influencer le choix d’un studio », souligne Gaby.
Dans le département, la concurrence reste limitée. « En termes de studios professionnels, Les Hauts Plateaux, à Onet-le-Château, sont davantage orientés vers le mixage, tandis que le Silex, à Millau, est surtout un lieu de répétition pour enregistrer des maquettes. Mais on est complémentaires : il m’arrive de récupérer des groupes qui débutent là-bas et qui viennent ensuite enregistrer ici », explique-t-il. Parmi les artistes aveyronnais passés par le studio Molières figurent Louis Louis, Matinée d’ivresse, Howlin’Haïqu (le groupe de Nipo), Mama Said, WoodShack ou encore le duo La Chose. « On accueille aussi des artistes venus de Toulouse, Bordeaux, et même de Suisse », ajoute le propriétaire.
« Je ne suis pas juste un ingénieur du son »
Ce n’est pas la première fois que Nipo enregistre au studio Molières. Avec son groupe Howlin’Haïqu, il y a déjà posé ses morceaux. Il met en avant la qualité du matériel, mais aussi l’accompagnement proposé : « On est un groupe amateur et on voulait faire les choses de manière professionnelle. C’était très intimidant au départ, mais ils ont une approche bienveillante et pédagogique, tout en restant très francs », témoigne-t-il. Une franchise assumée par Gaby : « S’il faut bousculer un peu la structure d’un morceau, je le dis. Je ne suis pas juste un ingénieur du son. » Le studio accueille aujourd’hui des profils variés : de la jeune chanteuse venue se faire plaisir aux groupes semi-professionnels, jusqu’aux artistes confirmés comme Nipo, qui travaille sur un album depuis deux ans. À l’avenir, Gaby et Simon aimeraient aller plus loin et produire davantage de projets de A à Z.



