Stellantis réduit sa production en Europe et s'allie avec des constructeurs chinois
Stellantis change de stratégie en Europe et s'allie avec la Chine

Stellantis, le géant automobile né de la fusion de Fiat-Chrysler et PSA en 2021, a dévoilé ce jeudi un nouveau plan stratégique de 60 milliards d'euros. Ce plan vise à accélérer la croissance et la rentabilité du groupe, mais aussi à éteindre l'incendie après des pertes de plus de 20 milliards d'euros en 2025, des baisses de parts de marché et des scandales techniques liés au moteur PureTech et aux airbags Takata.

Une réduction massive des capacités en Europe

Le directeur général Antonio Filosa a annoncé une diminution de plus de 800 000 unités de la production en Europe d'ici 2030. Cette réduction sera obtenue par la reconversion de sites comme Poissy (Yvelines). Selon Bernard Jullien, spécialiste de l'industrie automobile, « Stellantis jette l'éponge sur le Vieux Continent » et considère que les volumes perdus sont définitivement perdus.

Partenariats avec des constructeurs chinois

En parallèle, Stellantis officialise le partage de ses usines de Rennes, Madrid et Saragosse avec des partenaires chinois. Le groupe Dongfeng fabriquera des voitures à Rennes, tandis que Leapmotor produira deux modèles en Espagne. Ces partenariats sont perçus comme une « courte échelle aux marques chinoises », risquant d'accélérer leur prise de pouvoir sur le marché européen.

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Quatre marques prioritaires, cinq régionales

Le plan établit une hiérarchie entre les marques : Jeep, Ram, Peugeot et Fiat deviennent des marques mondiales prioritaires, tandis que Citroën, Opel, Alfa Romeo, Chrysler et Dodge sont reléguées au statut de marques régionales. DS Automobiles, désormais sous la tutelle de Citroën, est qualifiée de « marque de spécialité » et semble en danger. Cette hiérarchie à deux vitesses est traumatisante pour les concessionnaires des marques régionales.

Projet de voitures électriques à bas prix

Stellantis a également annoncé un projet d'e-cars, des petites voitures électriques à moins de 15 000 euros, fabriquées dans l'usine italienne de Pomigliano d'Arco. Citroën relancera une version modernisée de la 2 CV, dont la silhouette sera dévoilée au Mondial de l'Auto à Paris en octobre.

Un changement de cap stratégique

Ce plan marque la fin de l'ère Carlos Tavares, qui privilégiait une vision européenne. Antonio Filosa, qui a fait carrière en Amérique du Nord, donne la priorité aux États-Unis, où la demande pour les véhicules thermiques reste forte, au détriment de l'Europe, confrontée à des réglementations strictes. Les actionnaires, notamment les familles Peugeot et Agnelli, semblent accepter ce processus, motivés par la promesse de meilleurs dividendes.

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