Keir Starmer prépare sa riposte après la défaite électorale du Labour
Starmer prépare sa riposte après défaite électorale

Le premier ministre britannique Keir Starmer prépare sa riposte après la défaite des travaillistes aux élections locales du jeudi 7 mai 2026 en Grande-Bretagne. Déterminé à rester à Downing Street, il fait face à des appels croissants à son départ, émanant même de son propre camp. Dans une tribune publiée samedi dans le quotidien de gauche The Guardian, le chef du gouvernement, très impopulaire, a promis d'« écouter les électeurs » sans pour autant « prendre un virage à droite ou à gauche ». Le scrutin a été marqué par la forte progression du parti anti-immigration Reform UK et du parti des Verts, très à gauche.

Une stratégie de riposte en plusieurs étapes

Keir Starmer affirme qu’il définira « dans les jours qui viennent » la voie à suivre et « le travail que fera (son) gouvernement dans les prochains mois ». Il doit prendre la parole lundi, selon plusieurs médias britanniques, qui évoquent un possible remaniement ministériel. « Je ne vais pas me retirer, cela plongerait le pays dans le chaos », a-t-il répété samedi, lors d’un déplacement au sud de Londres, promettant de donner plus « d’espoir » aux Britanniques. Cette stratégie suffira-t-elle à calmer le mécontentement qui monte dans le camp travailliste ?

Mécontentement interne et soutien des ténors

Plus d’une vingtaine de députés Labour et des responsables de syndicats alliés au parti ont ouvertement exprimé leurs doutes sur la capacité de Keir Starmer à mener le gouvernement. « Si nous continuons avec Keir Starmer comme chef pour la prochaine élection, cela va être un désastre », a affirmé le député Clive Betts, samedi sur Times radio. Les électeurs « ne l’écoutent plus », a-t-il insisté. Cependant, Keir Starmer garde à ce stade le soutien des ténors de l’exécutif, qui ont publié une série de messages de soutien dans la soirée de vendredi, lui offrant ainsi un sursis.

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Retour de Gordon Brown et nomination d’Harriet Harman

Le chef du gouvernement s’est affiché à Downing Street avec deux poids lourds du Labour. Il a reçu l’ancien Premier ministre Gordon Brown, qu’il a nommé envoyé spécial chargé de la finance mondiale et de la coopération, prenant la pose avec lui devant le N°10. Il a également nommé l’ancienne vice-présidente du parti Harriet Harman comme conseillère chargée de la lutte contre les violences sur les femmes et les filles. Un important rendez-vous l’attend mercredi, avec le discours du roi devant le Parlement. Charles III y détaillera les projets de loi que le gouvernement prépare pour la prochaine session parlementaire.

Reconnaissance d’erreurs et fragmentation politique

Dans sa tribune au Guardian, Keir Starmer a reconnu des « erreurs » et estimé que les résultats « douloureux » des élections et la « fragmentation politique » sont la conséquence d’électeurs « frustrés par le statu quo ». « Notre mission est de les convaincre que nous avons des réponses progressistes aux problèmes et défis qu’ils affrontent », a-t-il ajouté, citant le coût de la vie, l’immigration ou le manque d’opportunité pour les jeunes. Mais s’il a obtenu un sursis, « il n’y a aucun exemple d’un Premier ministre qui a réussi à redresser une telle impopularité (...) Les gens ont décidé qu’ils ne l’aiment pas et je ne crois pas qu’ils vont changer d’avis », souligne auprès de l’AFP Robert Ford, professeur de sciences politiques à l’université de Manchester.

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Des résultats électoraux sombres pour le Labour

Avec quasiment tous les résultats du scrutin désormais connus, le tableau est sombre pour le Labour. Au Pays de Galles, il a perdu le pouvoir au Parlement local, ce qui n’était jamais arrivé depuis sa création en 1999, au profit du parti indépendantiste Plaid Cymru. Même sans majorité absolue, son chef Rhun ap Iorwerth, s’est dit « prêt à former le prochain gouvernement gallois », qu’il devrait logiquement diriger. En Écosse, le Labour a reculé et termine au coude à coude avec Reform UK, dans un Parlement toujours dominé par le parti indépendantiste SNP, avec 58 sièges sur 129. En Angleterre, les travaillistes ont gagné 997 sièges et en ont perdu 1 406. Le parti de Nigel Farage, Reform UK, poursuit sa rapide progression avec 1 444 sièges remportés, selon le décompte quasi complet de la BBC. Le Labour a perdu du terrain, y compris dans le traditionnel « mur rouge » du nord de l’Angleterre. Le scrutin est aussi marqué par le recul des Conservateurs (773 élus), derrière le parti Libéral-démocrates (834), et par la progression des Verts, parti très à gauche dirigé par Zack Polanski (515 sièges).