Un avertissement sévère du commissaire européen à l'économie
Valdis Dombrovskis, commissaire européen à l'économie, a brandi ce lundi 9 mars le spectre d'un choc stagflationniste majeur pour l'économie mondiale et européenne. Cet avertissement intervient dans le contexte d'une possible prolongation du conflit au Moyen-Orient, une perspective qui pourrait bouleverser complètement les prévisions économiques établies pour l'année.
Les prévisions économiques remises en question
En seulement dix jours, les scénarios des économistes sont devenus obsolètes. Les experts de Goldman Sachs rappellent une règle fondamentale : chaque hausse de 10 % des prix du pétrole réduit en moyenne le PIB mondial de 0,1 % et augmente l'inflation de 0,2 point. Cependant, évaluer les conséquences exactes du conflit actuel revient à résoudre une équation particulièrement complexe, avec plusieurs inconnues majeures.
- L'ampleur réelle des hostilités
- Leur persistance dans le temps
- Leur propagation géographique potentielle
Alors que le président américain a évoqué une durée de "quatre ou cinq semaines" d'affrontements, l'espoir d'une désescalade rapide s'amenuise considérablement.
L'énergie : principal vecteur de contagion économique
Le secteur énergétique constitue la principale courroie de transmission des effets du conflit vers le Vieux Continent. Depuis le début des hostilités, plusieurs indicateurs préoccupants ont été observés :
- Le cours du Brent a atteint son plus haut niveau depuis 2022
- L'indice gazier néerlandais TTF a connu une hausse brutale
- Cette augmentation survient à un moment où les stocks européens étaient inhabituellement bas
Les frappes sur des installations gazières au Qatar, l'un des principaux fournisseurs européens de gaz naturel liquéfié (GNL), ont significativement contribué à cette envolée des prix. Cette situation représente une véritable calamité pour Bruxelles, qui avait pourtant intégré la baisse des prix de l'énergie dans ses objectifs de compétitivité.
La vulnérabilité énergétique européenne exacerbée
Cette flambée des prix vient réveiller une vieille plaie européenne : sa dépendance énergétique structurelle. Certes, depuis le début de la guerre en Ukraine, les Vingt-Sept se sont activement employés à diversifier leurs sources d'approvisionnement. Néanmoins, ils demeurent considérablement plus vulnérables que les États-Unis, qui bénéficient d'une production nationale de gaz et de pétrole.
Cette vulnérabilité accrue obligera l'Europe à mener une guerre des prix encore plus agressive face à l'Asie, elle-même fortement dépendante du GNL en provenance du Moyen-Orient. L'enjeu sera d'attirer les cargos qui modifient leur destination en fonction des offres les plus compétitives, créant ainsi une tension supplémentaire sur les marchés énergétiques mondiaux.



