Une tempête économique mondiale s'annonce
L'explosion des prix de l'énergie, la crainte d'une inflation persistante, le transport aérien à l'arrêt et le tourisme en berne : les récentes évolutions du conflit au Moyen-Orient font redouter des conséquences économiques majeures à l'échelle mondiale. Voici les dernières évolutions économiques de ce jeudi matin, alors que la guerre dans la région entre dans son vingtième jour, que les sites énergétiques sont chaque jour davantage visés et que le détroit d'Ormuz demeure bloqué.
Le cours du pétrole bondit à nouveau
Les prix du pétrole bondissent jeudi dans les échanges asiatiques, poussés par l'annonce de frappes contre des infrastructures énergétiques en Iran et au Qatar. Vers 3h30 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, prenait 0,58% à 96,88 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, bondissait de 3,69% à 111,34 dollars, après avoir brièvement flambé de 5%. Les Bourses asiatiques reculaient nettement dans ce contexte de tensions.
Le Qatar a fait état jeudi d'une attaque de missiles iranienne et de nouveaux dommages importants sur sa principale installation gazière, déjà frappée mercredi, aggravant les craintes sur l'approvisionnement énergétique mondial.
La Fed prédit une inflation tenace, même anticipation de la BoJ
La Réserve fédérale américaine (Fed) a déclaré mercredi s'attendre à ce que les progrès en matière d'inflation patinent aux États-Unis, tout en laissant ses taux d'intérêt inchangés. « Il est trop tôt pour déterminer l'ampleur et la durée des effets potentiels du conflit sur l'économie », a estimé le président de la Fed, Jerome Powell, mais « à court terme, la hausse des prix de l'énergie fera grimper l'inflation globale. »
« Le rythme de progression de l'inflation devrait être tiré à la hausse, sous l'effet de la récente augmentation des cours du pétrole brut », a également prévenu jeudi la Banque du Japon, qui a elle aussi laissé ses taux inchangés, soulignant l'inquiétude généralisée des banques centrales.
Cathay Pacific suspend ses vols pour Dubaï jusqu'au 30 avril
La compagnie aérienne hongkongaise Cathay Pacific suspend jusqu'à fin avril ses vols à destination et en provenance de Dubaï. « Compte tenu de l'évolution de la situation au Moyen-Orient, tous les vols Cathay Pacific à destination et en provenance de Dubaï sont annulés jusqu'au 30 avril 2026 inclus », a-t-elle indiqué, illustrant l'impact direct du conflit sur la mobilité internationale.
Le Japon alloue des subventions d'urgence sur le carburant
Le gouvernement japonais a lancé jeudi un programme d'urgence visant à faire baisser les prix de l'essence, pour endiguer la flambée des cours du carburant provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Tokyo a commencé à verser des subventions afin de ramener le prix de l'essence aux alentours de 170 yens par litre, a déclaré Minoru Kihara, porte-parole du gouvernement.
Cela marquerait une baisse significative par rapport au sommet historique de 190,8 yens (1,04 euro) par litre atteint lundi, à l'unisson d'une flambée des cours du pétrole brut sur le marché mondial, démontrant la réactivité des autorités face à la crise.
Trump annonce des mesures pour atténuer les effets domestiques de la guerre
Les États-Unis ont annoncé mercredi une série de mesures visant à faciliter le commerce de pétrole, signe de l'empressement de Donald Trump à limiter la forte hausse des prix à la pompe provoquée par le conflit. Le président américain a notamment mis sur pause - pour 60 jours - une loi empêchant le transport de carburant par des bateaux non américains.
En parallèle, le ministère américain des Finances a annoncé qu'il continuait à lever les sanctions économiques que les États-Unis avaient imposées au Venezuela, cherchant ainsi à diversifier les sources d'approvisionnement.
L'industrie maritime s'inquiète
Le prix des carburants maritimes a presque doublé sous l'effet de la crise du fret provoquée par le conflit, atteignant des niveaux « absolument sans précédent », a alerté mercredi un responsable du secteur. Le blocage par les forces iraniennes du très stratégique détroit d'Ormuz a sévèrement restreint l'approvisionnement en carburant des navires dans les ports de la région.
Constantinos Capetanakis, président de l'Ibia, association mondiale regroupant tous les acteurs de l'industrie des carburants maritimes, a souligné à l'AFP l'ampleur des perturbations, avec des répercussions sur les armateurs, fournisseurs, traders et courtiers.
L'Italie veut réduire le prix des carburants
L'Italie a adopté mercredi un décret-loi réduisant de 0,25 euro par litre le prix du carburant afin de contrer l'augmentation des tarifs à la pompe, a annoncé la Première ministre Giorgia Meloni. Le décret-loi prévoit « une réduction substantielle de la taxe d'accise sur les carburants, laquelle se traduira par une baisse du prix du diesel et de l'essence », avait déclaré peu avant le vice-Premier ministre Matteo Salvini, montrant une coordination européenne face à la crise.



