Promotions controversées au ministère de l'Intérieur dans les Alpes-Maritimes
Promotions controversées au ministère de l'Intérieur

Promotions controversées au sein de la police nationale dans les Alpes-Maritimes

Un télégramme officiel du ministère de l'Intérieur, daté du 17 avril 2026 et consulté par Nice-Matin, a suscité l'indignation. Ce document de 42 pages liste les fonctionnaires promus au grade de major de police pour l'année 2026. Parmi eux, deux noms ont particulièrement retenu l'attention dans le département des Alpes-Maritimes, en raison de leur implication dans des affaires sensibles.

Un chef de groupe de la BAC de Nice visé par une enquête pour propos racistes

Le premier est un chef de groupe de la brigade anticriminalité (BAC) de Nice. Ce fonctionnaire fait l'objet d'une enquête de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) après une plainte déposée en février 2026 par une brigadière-cheffe prénommée Chaïma. Selon la plainte, des propos racistes, xénophobes et sexistes auraient été tenus au sein de son unité. Des collègues auraient utilisé des termes comme « bougnoules » pour désigner les Arabes et « macaques » pour les Noirs. Sur un groupe WhatsApp, un gardien de la paix aurait écrit « c'est bon ça la pêche aux bicots », sans que le chef de groupe n'intervienne. Sur sa page Facebook, ce dernier avait partagé des messages xénophobes, comme « ici c'est la France, pas le bled » ou « l'arrêt de l'immigration massive, c'est 70 milliards d'euros d'économie et le retour d'une France paisible ». Malgré l'enquête administrative qui a retenu des propos discriminatoires, il a reçu la médaille d'honneur de la Police nationale échelon Or en présence du préfet, et occupe désormais un poste de délégué syndical chez Unité Nice.

Sa promotion au grade de major en 2026 a choqué de nombreux observateurs. « Comment peut-on donner de l'avancement à quelqu'un qui est sous le coup d'une enquête judiciaire, pour des faits qu'il a reconnus lors de l'enquête administrative ? », s'interroge un fin connaisseur du milieu policier local. Me Arié Alimi, avocat de Chaïma, dénonce une « prime pour les policiers peu scrupuleux » et une « manière de protéger » sous pression syndicale.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un policier de l'affaire Benalla également promu

Le second nom concerne un brigadier-chef de la BAC de Cagnes-sur-Mer, impliqué dans l'affaire Benalla. Mediapart avait révélé que plusieurs fonctionnaires de police avaient travaillé au black pour Alexandre Benalla, ancien collaborateur d'Emmanuel Macron. Ce policier avait notamment participé à la sécurisation d'un gala de charité de la fondation Leonardo DiCaprio en juillet 2017 à Gassin, dans le Var, pour lequel il avait été rémunéré en espèces par Fortunato Basile, un proche de Benalla. Après avoir nié dans un premier temps, il avait finalement admis les faits, affirmant que Basile lui avait présenté cette prestation comme une mission couverte par l'Élysée. L'enquête, ouverte par le parquet de Grasse, n'a connu aucune suite administrative ou judiciaire, selon Mediapart. Ce fonctionnaire vient lui aussi d'être promu major en 2026.

Ces deux promotions interrogent sur les critères d'avancement au sein de la police nationale et suscitent des critiques sur l'éthique et la transparence du système.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale