Flambée des prix de l'essence : le gouvernement face à la pression des oppositions
Le gouvernement, pressé par les oppositions, cherche des solutions pour contrer la flambée des prix à la pompe, provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Cependant, il refuse pour l'instant d'envisager des aides publiques, en raison du coût élevé pour les finances de l'État. Cette situation critique survient alors que les prix des carburants dépassent parfois les deux euros au litre, impactant directement le portefeuille des Français.
Une réunion cruciale avec les distributeurs
La porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Énergie, Maud Bregeon, a annoncé sur RTL que le ministre de l'Économie, Roland Lescure, recevra les distributeurs d'ici la fin de la semaine. Cette rencontre vise à faire un état des lieux en fonction de l'évolution des prix dans les prochains jours. Elle intervient après un premier rendez-vous la semaine dernière et alors que le cours du baril de pétrole dépasse 115 dollars, une première depuis 2022, en raison du conflit au Moyen-Orient.
Maud Bregeon a appelé à la mesure concernant les distributeurs, soulignant qu'il ne faut pas les mettre tous dans le même panier. Elle a évoqué des prix rehaussés trop tôt et des abus potentiels, affirmant que toutes les options sont sur la table pour l'ensemble de la filière, sans préciser d'éventuelles sanctions pour le moment.
Pas d'aides ciblées pour l'instant
Le gouvernement écarte actuellement la mise en place d'aides ciblées, malgré la hausse historique du baril de pétrole. Maud Bregeon a assuré que l'objectif est de contribuer à contenir le conflit dans la région, tout en étudiant tous les scénarios. Elle a également précisé que la situation n'est pas semblable à celle de 2022 lors de la guerre en Ukraine, excluant tout achat de gaz aux Russes.
Parallèlement, le prix du gaz européen a augmenté d'environ 30 % ce lundi, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz et de frappes sur des infrastructures énergétiques.
Un plan exceptionnel de contrôles dans les stations-service
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé dimanche sur X un plan exceptionnel de 500 contrôles dans les stations-service, pour lutter contre les hausses abusives des prix à la pompe. Ces contrôles, effectués par la DGCCRF entre lundi et mercredi, représentent l'équivalent d'un semestre complet du plan de contrôle habituel, concentré sur seulement trois jours.
Cette mesure intervient alors que le SP95-E10, l'essence la plus consommée par les Français, a augmenté de 10 centimes par rapport à la semaine précédente, suite au début de la crise au Moyen-Orient.
Les propositions de l'opposition
L'opposition s'est rapidement mobilisée pour suggérer des pistes face à cette flambée des prix. Marine Le Pen a proposé une baisse des taxes sur les carburants, notamment en réduisant la TVA de 20 % à 5,5 % pour les produits énergétiques et en baissant la TICPE. Cependant, Maud Bregeon a balayé ces propositions, les qualifiant d'inconcevables et estimant qu'elles coûteraient 17 milliards d'euros à l'État.
De son côté, le député insoumis Eric Coquerel a appelé à un blocage des prix, suggérant un financement par la TICPE si la situation perdure. Les insoumis ont également déposé une proposition de loi pour geler temporairement les prix de l'énergie en cas de circonstances exceptionnelles, face au blocage du détroit d'Ormuz et à l'embrasement du conflit.



