Aujourd’hui, le financement du centre basé à Cotonou s’est consolidé grâce à un chef d’entreprise auvergnat. Un déménagement est également en vue.
« Quand l’univers veut que ça se passe bien, tout s’aligne. »
Les étoiles s’allument dans le regard bleu de Mélissa Ducau, quand elle évoque l’orphelinat qu’elle a ouvert en janvier 2025 au Bénin, via l’association qu’elle préside, We Are The Children. La Montoise de 29 ans est forcément revenue de quelques déceptions dans cette aventure qui mêle affect, travail et recherche de financement. Mais les illusions perdues font gagner en maturité, et aujourd’hui, les raisons de se réjouir sont nombreuses.
À commencer par le financement du centre, dont le devenir des six enfants accueillis et quatre salariées ne dépend plus de ses propres deniers et des quelques dons – que l’on peut toujours faire – sur la cagnotte en ligne HelloAsso. L’association reçoit en effet le soutien financier du laboratoire auvergnat Vitrobio, qui développe entre autres la gamme Naturveda, et dont le président, Rémi Shrivastava, a été conquis par le projet de la jeune femme.
« Il m’a sauvé la vie »
« Il est originaire d’Inde et souhaitait y ouvrir un sanctuaire. Mais entre-temps, il est devenu chef d’entreprise et papa, il n’avait plus du tout le temps pour son projet. Du coup, il a décidé de me suivre dans le mien, c’est-à-dire que sa société m’accompagne financièrement. On s’est rencontré avec sa femme en mai 2025, et on a eu un coup de foudre tous les trois. Dans leur expérience et la mienne, il y avait énormément de similitudes. »
Rémi Shrivastava part trois jours au Bénin en octobre 2025 avec Mélissa Ducau pour visiter le centre et observer son fonctionnement. « Quand il a vu tout le travail fait, il a été impressionné. » Cerise sur le gâteau, le chef d’entreprise propose un poste à Mélissa Ducau en télétravail. « Il m’a sauvé la vie, car j’allais finir mon contrat de surveillante. C’était mon salaire jusqu’ici qui faisait vivre le centre et je n’allais plus pouvoir envoyer de l’argent là-bas. »
Le Sénégal ?
En parallèle, les dons et parrainages en ligne sont toujours encouragés, quels que soient leurs montants. « Beaucoup de gens trouvent ridicule de ne donner que 2 euros par mois. Mais avec peu, on peut faire beaucoup. Le centre peut vivre un mois, avec l’école, les activités et les loisirs avec 1 500 euros. Je suis transparente sur tout ce que l’on fait, je poste beaucoup de photos, par exemple, j’ai envie d’avoir une communauté autour de l’association. »
Le centre va d’ailleurs avoir besoin de soutien, car il est contraint de déménager, les propriétaires souhaitant en faire un hôtel. « Je suis en pleines recherches, mais je sais que je vais trouver. On peut rester jusqu’à fin juin, pour que les petites terminent l’année scolaire. J’aimerais trouver un endroit avec deux espaces séparés pour accueillir les bébés, sans que cela ne perturbe le sommeil des plus grands. » En attendant que cette question immobilière soit résolue, la jeune femme souhaite renforcer son action en faveur des orphelins, peut-être du côté du Sénégal, où Mélissa Ducau est partie ce mois d’avril afin de s’imprégner des lieux et des besoins. Nul doute que la fratrie de We Are The Children est vouée à s’agrandir.



