Le projet d’un nouveau port à Nice refait surface, et provoque déjà des remous. Éric Ciotti, fraîchement installé à la mairie, trouve « sérieuse » l’idée d’un second port pour Nice et annonce qu’il va lancer des études de faisabilité. L’opposition rappelle que ses prédécesseurs y avaient déjà pensé et tire la sonnette d’alarme.
Un vieux serpent de mer ressurgit
Le petit port de Carras, à l’ouest de Nice, a régulièrement fait l’objet de rumeurs d’aménagement en port de plaisance. C’est désormais une annonce officielle : Eric Ciotti a déclaré à nos confrères de Nice-Presse qu’il entendait rouvrir « le débat sur la construction d’un nouveau port à Nice Ouest ». À peine installé au fauteuil de premier magistrat, l’élu déplore que la capitale azuréenne ne « tire pas assez parti de sa façade maritime exceptionnelle ». Pour lui, l’idée « d’un pôle portuaire complémentaire à l’ouest, en lien avec l’aéroport et nos grandes infrastructures logistiques, est une question sérieuse. »
Études de faisabilité annoncées
Cet équipement permettrait sans doute de « mieux répartir les flux nautiques, soutenir les filières économiques liées à la mer, renforcer l’attractivité internationale du territoire… » À condition toutefois qu’un tel projet soit techniquement réalisable et économiquement soutenable. Pour s’en assurer, la municipalité va lancer des « études de faisabilité ». De leurs conclusions dépendra la création de cet équipement déjà envisagée par nombre de ses prédécesseurs… Et parfois soutenue par des comités de quartiers. À commencer par celui qui défend les intérêts du seul port que compte Nice pour le moment, le bassin Lympia à l’autre bout de Nice. Lors de sa dernière assemblée générale, en mai dernier, son président avait d’ailleurs présenté son propre projet de création d’un second port à l’Ouest. Les riverains du port historique de Nice verraient bien certaines activités (et nuisances) déménager plus à l’ouest.
Un projet « d’un autre siècle » selon l’opposition
L’opposition tire toutefois la sonnette d’alarme. Les élus de la liste Unis pour Nice dénoncent « cette vieille arlésienne » qui selon eux consiste à « artificialiser le littoral à l’embouchure du Var, à proximité immédiate d’une zone Natura 2000, au mépris des enjeux climatiques et environnementaux. » Un « projet d’un autre siècle » pour ces représentants de la gauche et de l’écologie qui rappellent qu’en « 2019 déjà, des études de faisabilité avaient été envisagées. Mais le Plan Climat 2019-2025 de la Métropole avait finalement enterré ce projet, les conditions environnementales, techniques et réglementaires n’étant pas réunies. Rien n’a changé aujourd’hui, sinon l’urgence écologique qui s’est aggravée. »
Un passé tragique
De son côté, la fédération communiste rappelle que « le 16 octobre 1979, la création d’un nouveau port de commerce à proximité de l’aéroport » avait coûté la vie à 11 personnes lors d’un glissement de terrain. Pour son secrétaire départemental, Julien Picot, le nouveau « projet d’Éric Ciotti révèle une conception brutale de l’aménagement : les profits d’abord, les vies humaines ensuite. »
Ce projet divise profondément la ville, entre ceux qui y voient une opportunité économique et ceux qui redoutent une catastrophe écologique et humaine. Les études de faisabilité diront si ce serpent de mer deviendra réalité ou restera un projet enterré.



